Épilogue 2

Alors j’écris depuis Grignan, mon « camp de base »; comme déjà dit, j’y suis arrivé dans la nuit du 12 au 13 septembre, vu l’heure d’arrivée, je ne compte pas le 13 comme faisant partie de la ballade.

Les chiffres :

  • 21 jours de ballade.
  • 503 kilomètres parcourus.
  • 1 Héra et 1 Philo au départ, les 2 sont aussi à l’arrivée, mais avec quelques kilos en moins.
  • En moyenne 24 kilomètres par jour, en comptant les jours de repos.
  • Record battu pour la quantité d’eau bue
  • Record égalé seulement, malgré un effort certains vers la fin, du nombre de glaces mangées.

Quelques constatations :

Je suis étonné du nombre de kilomètres, j’avais estimé en faire moins, mais je n’avais pas calculé, ne connaissant bien sûr pas encore l’itinéraire selon mon habitude.

Je savais, par les options prises que cela allait être beaucoup plus technique. En choisissant de passer systématiquement par les montagnes, j’avais augmenté mes capacités en litres d’eau (5 litres), et aussi les réserves de nourriture pour Héra, n’étant pas certain de pouvoir me ravitailler facilement en nourriture pour chien.

Mon sac pesait plus que l’année passée : 17 kilos, mais avec les bâtons de marche en plus cela ne m’a pas posé de problème.

Concernant le matériel, j’ai été totalement satisfait, à aucun moment j’ai eu l’impression que quelque chose me manquait et non plus l’impression d’avoir pris des choses inutiles.

Un seul élément ne m’a pas convenu cette année, c’est le petit panneau solaire rechargeant ma batterie de réserve. Je trouve le rapport poids – rendement pas assez bon. Je dois trouver un panneau beaucoup plus performant sans augmenter son poids, mais ça sera pour l’année prochaine.

Héra :

Avant tout, je me répète peut-être, je trouve ma chienne Héra incroyable, encore cette année elle m’a épaté.

Le chemin était beaucoup plus difficile : les cailloux du Ventoux, les maquis, les pentes, les chemins parfois étroits bordés d’épineux, sans oubliez le Ravin de Véroncle, dans mon récit je parle des deux passages les plus délicats, mais une bonne partie du chemin était extrêmement pentu et difficile, je suis encore étonné comme elle s’est débrouillée, je me demandais comment elle allait faire et en même temps elle me dépassait et m’attendait plus haut.

Ensuite, beaucoup de routes, ce qui demande une grande discipline et on a eu autant de soleil et de chaleur (même si les nuits étaient plus fraîches) que l’année passée. J’ai l’impression que nous avons mieux gérer les chaleurs, plus de pauses à l’ombre, plus d’arrêts pour se désaltérer, on choisissait systématiquement le côté ombré de la route, même si, pour cela, on traversait souvent la route.

Et, chaque matin, son très visible enthousiasme à repartir, malgré sa petite blessure, c’était incroyable.

Notre complicité, et oui, pas besoin de mots, on se comprenait en se regardant.

Ce qui me plait le plus, c’est qu’elle continue à me surprendre et à me faire rire, malgré sa discipline, elle est restée espiègle, l’autre soir, au resto avec Thomas, elle était sous la table, je ne l’avais pas attachée, tout à coup plus de chienne, elle s’était rapprochée dangereusement de la cuisine attirée par les bonnes odeurs, un rappel à suffit bien sûr, mais ça ne l’empêchera pas d’essayer une autre fois.

Faut être honnête, il y a une chose où elle est nulle, c’est pour éviter de s’empêtrer avec sa longe quand on est au bistrot, systématiquement elle passe sous les chaises et reviens par un autre côté et très vite elle est bloquée et attend que je l’aide en essayant de rester le plus digne possible, je l’adore.

Cette petite chienne rigolote est capable de faire des choses incroyables, elle a un physique à toute épreuve, elle est étonnante, c’est un exemple pour moi et je lui dit : merci.

Quelques pensées :

Je suis parti très confiant, j’avais testé et le matériel et moi-même et bien sûr aussi Héra, je savais que ça fonctionnait; c’est toujours plus facile la deuxième fois.L’objectif était de partir de Grignan et d’aller jusqu’à la mer, j’avais choisi de passer par les montagnes car je crains moins les montagnes que les endroits civilisés. Ça doit être dans mes gènes, je suis un montagnard, endurant mais un peu sauvage.De la montagne, j’en ai eu, c’était sublime, grandiose, j’ai adoré.Je me réjouissais de la prochaine étape : la Montagne Ste-Victoire.Et là : Patatras ! C’est sans appel, tous les massifs de la région sont fermés totalement vu le risque d’incendie. Moi, le montagnard, je dois trouver mon chemin dans la plaine et pire dans une régions très habitée et avec beaucoup de routes.L’idée de m’arrêter là m’est passée très rapidement par la tête, mais justement, à propos de tête, je suis têtu et persévérant.Donc, chaque jour je me suis appliqué à trouver le chemin le moins désagréable pour nous les piétons, Héra aussi a dû se discipliner et trouver comment se positionner. Et bien, ça m’a plus, c’était comme un jeu de cache-cache, et j’ai découvert des endroits supers, et l’apothéose, grâce au GR 2013, c’était le dernier jour, la traversée de Marseille par des chemins bizarres, étonnant, géniaux et pourtant très urbains.Vraiment le cheminement m’a plus impressionné que d’être arrivé à la mer. Bon j’étais content, et le vieux port de Marseille et ses vieux quartier, je les ai beaucoup aimés.C’est une super leçon, on prévoit des choses dans la vie, on choisi des directions, on a des préférences et puis on est obligé soudain de faire un virage de 90 degrés. Qu’à cela ne tienne, faut continuer, faut pas changer d’objectif, mais trouver une autre voie pour l’atteindre et surtout y prendre du plaisir.J’en ai vraiment eu du plaisir, jamais je ne me suis senti aussi vivant dans l’instant présent. Pourtant, j’ai aussi eu beaucoup de pensées pour ma femmes, mes enfants, ma mère, ma famille et mes amis, mes proches.C’est peut-être bateau ce que je dis, ça tombe bien j’étais dans un port.Alors merci à vous tous, et n’oubliez pas de Vivre avec un V majuscule.À bientôt

Mercredi 13 septembre

L’aventure continue, je devais partir ce matin vers 8:00, mais Thomas (le conducteur) à un changement de programme et je ne pars que vers 18:00 ce soir, aucune idée pour le moment quand j’arrive à Montélimard.

C’est bien, matinée tranquille au lieu de devoir me lever vers 6:00, on va profiter encore une fois du super beau temps et du vieux port.

Ensuite, on va gentiment se diriger vers le stade vélodrome, c’est là qu’on à rendez-vous.

Petit clin d’œil à ma belle-mère, tu vois c’est juste à côté :

Promenade direction le Pharo en tournant autour du fort St-Nicolas et une grimpée vers notre dame de la Garde.

Je déjeune dans un bistro qui à l’origine s’appelait : le 13 cantons, c’était un Suisse qui l’avait ouvert et la place à côté s’appelle encore Place des Treize Cantons, alors que le bistro s’appelle actuellement : Bar des 13 coins (une sorte de traduction provençale de canton).

Je vais goûter une création qui n’existe pas ailleurs : un Burger froid aux rillettes de sardines et fromage frais aux herbes

J’ai pu laisser mon sac en consigne à l’hôtel, c’est plus facile.

Voilà le sac est sur mon dos et direction le vélodrome.

Voilà, un super soleil, dernière glace, on est juste à côté du vélodrome, c’est immense, je ne sais pas comment on va se trouver. Il faut que je cherche une solution.

On c’est trouvé assez facilement, merci le téléphone; au départ on c’est un peu trompé dans Marseille et avec les bouchons on a perdu beaucoup de temps.

On s’est arrêté, pour manger et c’était délicieux.

Super voyage, livraison à domicile; au salon dans le sac de couchage à 1:12.

Quand même 19 kilomètres dans Marseille.

Mardi 12 septembre

Super bonne nuit. Ce matin Héra ronflait.

Promenade matinale avec Héra au bord du port, un ciel bleu magnifique, mais un vent froid, je supporte mon polaire.

Je n’ai pas pu résister :

Et maintenant on part en visite, d’abord le quartier du Panier.

Superbe, ça monte et ça descend tout le temps, des petites rues aux maisons hautes et compactes.

Et il y a des trouvailles en déco et recyclage

Quand j’ai imaginé ma deuxième Promenade, j’avais l’intention d’arriver dans une petite ville et je me suis dit : surtout pas Marseille ou Toulon.

Et voilà, je suis à Marseille et la pénétration de la ville jusqu’à son cœur était vraiment sympa.

En fait, je suis tout content d’y être, c’est très cool.

Il est vrai que je reste vraiment dans le vieux Marseille, ça me convient parfaitement.

Certaines rue qui pourraient être glauque on été transformées en rue « jardinées »

L’aventure continue, j’ai utilisé l’application BlaBlaCar (sorte d’auto-stop moderne par le net, avec une petite participation aux frais) pour essayer de trouver une place dans une voiture.

Et j’ai trouvé un jeune qui a une veille voiture qui appartenait aux pompiers (ambulance je crois), il part demain matin de Cassis passe par Marseille et va jusqu’à Chalon et il est d’accord de nous prendre jusqu’à Montélimard. Autre spécialité, il ne prend pas l’autoroute. Je me réjouis.

Bon, on va retourner chercher un sympathique resto pour le souper, préparer le bagage et je vous raconte la suite demain.

Petite dernière promenade sur le vieux port au coucher du soleil.

Dernier repas à Marseille, La Poëlle de la Mama, soupe de poissons+moules+pommes de terre+pêche du jour; miam !

En faisant du tourisme, 12 kilomètres

Lundi 11 septembre

Nuit moyenne, mais il faut dire que le camping est juste à côté de l’autoroute, et encore je suis à moitié sourd.

A propos, quand j’ai dit que le camping était miteux, c’était le prénom seulement, mais il avait le mérite d’exister et d’avoir de l’eau chaude.

Dernière nuit sous tente, probablement, je plie tout et en route.

Début difficile, car on marche sur une petite route, mais fraîchement goudronnée, les gens doivent le savoir, il y a beaucoup de circulation.

Soudain, alors que je ne m’y attendais pas du tout :

la mer et la baie de Marseille.

Comme l’année passée, c’est seulement le dernier jour que je peux voir l’objectif principal. Bon, il ne reste plus qu’à marcher.

J’ai de la chance, il y a un GR qui va jusqu’au vieux port de Marseille; il s’appelle : GR 2013 Marseille Provence Métropole.

Et jusqu’à maintenant, c’est assez chouette, on passe par des endroits curieux et sympathiques : des petits escaliers, des vieux ponts sur des petits canaux, des quartiers très différents, et même quelques chemin dans des forêts.

Héra est un peu tendue, car dans certains quartiers, sur les collines, quasis toutes les villas ont un chien qui, bien sûr, nous aboie contre quand on passe et certains ont une sacrée voix.

Elle doit hésiter entre les quartiers villas avec chiens féroces ou les petites routes avec de grosses voitures qui puent.

En tout cas elle est très courageuse et disciplinée.

Je ne sais pas où je suis exactement, mais disons dans la banlieue de Marseille.

En tout cas, avec ce qu’on a déjà fait ce matin on est à 450 kilomètres.

Voilà, on y est, on déjeune dans un petit bistro tout au bord des ports.

Vraiment ce fameux GR est super intéressant, mais je n’ai pas pris de photos, car c’est vraiment trop sale, il y a toujours des déchets et tout est cassé, hormis ça les endroits sont pittoresques mais j’ai pas du tout envie de les photographier.

Par contre voilà mon Hollywood à moi

D’ailleurs, c’est à cet endroit que j’ai vu les premiers goélands.

Il y a même un avion.

On va entamer notre dernier bout, on y est pas encore.

Ce fameux GR est un peu balisé, mais sans une bonne carte on n’y arrive pas. Là j’ai pris la photo depuis une passerelle qui surplombe le train et les voies d’accès aux ports

C’est un jeu de chasse aux balises jaune-rouges, quand on en voit une çà rassure ça veut dire qu’on est sur la bonne voie, parfois faut bien chercher :

Voilà on y est au vieux port; est-ce que, si Héra nage à l’entrée du vieux port, elle peut le boucher ?

Bon, j’ai mis un pied dans la mer; contrat réussi.

J’ai mis un pied car il était déjà sale 😉.

Et voici aussi une preuve pour Héra

J’ai essayé 3 hôtels en y allant directement, les 3 ont refusé : « nous n’acceptons pas les chiens ».

Alors, Ibis Budget, je connais, c’est très bien, ils aiment les chiens et les petit-déjeuners sont canons. En plus, je suis à 4 minutes du vieux port.

Je suis rasé de près, je suis tout propre et je vais manger du poisson ou qqch de la mer.

Il fait un vent à décoiffer Héra (moi, il n’y a rien à décoiffer). Demain, on reste sur place pour visiter le vieux Marseille.

Je mange Indien, Préparation de crudités au yaourt, ensuite filet de poisson cuit avec tomates et en amuse-gueule une galette avec 3 sauces, une sucrée, une salée et une épicée; la dernière j’ai adorée mais elle n’était pas pour les gonzesses.

25 kilomètres, une bonne partie « en ville ».

Dimanche 10 septembre

Lever vers 6:00, petite promenade du matin, douche et, là, je petit-déjeune tout seul dans la grande salle, j’ai tous les mini-croissants pour moi 😉.

Ensuite, finir de fermer le sac et on continue.

Voilà, assis au soleil à Gardanne, dans un petit snack style marocain, je demande au patron un couscous; il n’y a plus de couscous, mais il me fait une super assiette, je lui fais confiance.

Pour sortir de l’agglomération d’Aix, c’était pas génial, mais il y avait au moins un trottoir ou une piste cyclable. Ensuite une petite départementale et hop sur la montagne et de l’autre côté, je me suis dit je vais peut-être voir la mer …

Faudra attendre encore un peu pour voir la mer.

Mais, on s’en est bien tiré avec nos variantes, pas trop de voitures et c’est aussi dimanche.

En fait je zigzague pas mal pour prendre les petites routes, avec ça je m’approche très lentement de mon objectif;

mais, n’est-ce pas le chemin le plus important?

Là, je me désaltère à Cabriès, un joli village perché, fallait être fou pour y grimper en plein soleil.

J’ai fait les choses dans l’ordre, car Cabriès c’est aussi une commune et nous venons de traverser le plus grand village de centres commerciaux, tous ouverts le dimanche, je suis arrivé au milieu de ces centres en suivant un chemin balisé, y sont fous, ils nous a fallu plus qu’une heure pour tout traverser.

Voilà notre calvaire :

Bienvenue sur le site officiel de Plan-de-Campagne, la plus grande zone commerciale à ciel ouvert de France, située sur les communes des Pennes-Mirabeau et de Cabriès, entre Aix-en-Provence et Marseille. Toute l’année et même le dimanche, nos 500 enseignes vous proposent un choix infini pour combler toutes vos envies shopping, maison, loisirs, restaurants.<<<<<
usement quelques kilomètres plus loin il y avait bien le camping que j'avais repéré, il est un peu miteux, mais ça m'arrange car j'étais sûr d'y trouver un emplacement.

Bon, Quelle aventure ! Quand même 36 kilomètres.

Normalement demain on arrive à la mer, mais je n'ai encore aucune idée par où.

Samedi 9 septembre

Mmmmh , une bonne nuit dans un bon lit, ça fait quand même du bien.

Sortie tôt avec Héra dans une ville encore toute endormie, de retour à l’hôtel elle reconnaît déjà le chemin. Pour le moment pas de pluie et même assez chaud.

Petit déjeuner varié et excellent. Une bonne journée qui commence.

Petit aparté pour ma famille :

Aujourd’hui c’est la fête des Siggen (c’est le nom de ma mère), je devrais y être, mais c’est un peu loin quand même. Chers cousines, cousins et famille, je vous souhaite une très joyeuse journée, bises, je pense à vous.

Une toute petite ondée vient de passer, juste de quoi enlever la poussière.

Tout le long des marchés de Provence…

Voilà, avec la sortie de ce matin et les déambulations au marché, nous avons atteint les 400 kilomètres.

Cette fois il y eu une belle averse, ça fait un bien fou, car il y a un manque cruel de pluie.

Attention ! Pour la première fois de sa vie, Héra va chez une toiletteuse pour se refaire une beauté, elle l’a bien méritée.

On peut pas dire qu’elle était très enthousiaste au début, mais au fur et à mesure, elle a pris confiance et en a profité. Elle est sortie toute pimpante.

À renouveler de temps en temps

En la regardant, on ne remarque rien de changé, mais par contre, en touchant son poil, ça fait une grande différence, il est soyeux et très doux; elle était contente mais elle a refusé la gourmandise que la toiletteuse lui a donnée; « quand même, me tripoter comme ça ».

Pour finir, il a plu toute l’après-midi, ce qui ne nous a pas empêché de faire 17 kilomètres en touristes.

Vendredi 8 septembre

Alors, une nuit moyenne, la première partie, je n’arrivais pas à dormir, en fait il y a une fuite à mon matelas, bizarre mais quand on le sait après ça va mieux, on s’adapte.

Ensuite, la température a chuté brusquement, j’ai mis mon super pull (IceBreacker) et la deuxième partie de la nuit c’est très bien passée. Ce matin, 10-11 degrés, hé hé ! Mais pas un nuage et un super soleil.

D’abord, une petite mise en bouche jusqu’au village suivant (St-Cannat) où je suis en train de petit-déjeuner sur une terrasse.

Pour y arriver, on a pris l’ancien chemin, très beau parcours, Héra était toute contente, car ce qui lui manque quand on est au bord d’une route, même petite, c’est la richesse olfactive de la campagne.

En route pour Éguilles, je profite de traverser un bout de massif forestier (zone orange, je peux jusqu’à 12:00), ors, il se trouve que ce massif à brûlé le 16 juillet, 800 hectares ont été détruis par l’incendie.

C’est encore très impressionnant, et l’odeur du brûlé est là comme si c’était il y a quelques jours.

Sur la dernière on voit comme il a fallut protéger les maisons

On voit que les piquets de l’autre côté d’une large route, ont commencé à brûler.

Sur celle-ci on voit que le buisson, bien que seul au milieu d’une clairière, a aussi commencé à brûler.

Mais la vie reprend, et encore, il n’a pas encore eu de pluie.

Et juste à côté, où ça n’a pas brûlé, il y a des colchiques qui poussent.

Je suis à Éguilles et je mange un sandwich géant.

Heureusement, il y a un GR Compostelle qui va de Éguilles à Aix et il ne passe pas en pleine forêt.

Bon, le chemin était sympa, mais c’était vraiment une journée chalumeau, ce matin la traversée de la ruine de forêt et cet après-midi une chaleur et peu d’air, que la moitié du chemin était à l’ombre. J’ai fait pas mal de halte à l’ombre pour donner à boire à Héra et lui laisser le temps de baisser un peu sa température.

Voilà on y est :

Bon, on se sèche un peu, ensuite hôtel, et oui, ce soir nous dormons à l’hôtel, demain il pleut et journée de repos dans une ville, ça sera sympa; nous dormons une deuxième nuit à l’hôtel et départ dimanche, j’espère ainsi avoir moins de circulation.

La vie « sauvage » continue :

Héra

Et Philo

Ce soir c’est fiesta, on a dégotté un petit resto tranquille avec un menu sympathique.

Parce que dans le vieux Aix en Provence le vendredi soir, c’est la Braderie, c’est Ste Catherine, ou c’est simplement vendredi soir sur la terre et je n’ai plus l’habitude.

Dites 33, et oui 33 kilomètres

Jeudi 7 septembre

Alors, nuit moyenne, car ce n’était pas très plat, mais c’était drôle car Héra était tout contre moi, elle avait glissée tout doucement vers moi.

Alors, surprise, où ai-je planté la tente ?

En fait je suis juste à côté d’un de ces espaces escalade dans les arbres, j’aurais pu avoir quelques singes comme voisin.

L’endroit est pas mal, mais ça manque cruellement de douches.

Je replie tout et j’avais repéré un banc pas trop loin; je fais mieux le point si je suis confortablement assis.

Je regarde la carte, je ne fais plus confiance à aucun camping, ça veut dire que je dois téléphoner avant. L’hôtel est une option que je n’ai jamais écartée, conclusion : il faut que j’aille en direction d’une ville moyenne.

Ce qui n’est pas simple avec les campings, c’est qu’ils sont (dans cette région) loin des villages et pour la plupart, à partir de septembre, plus de snack, plus d’épicerie (j’ai contrôlé sur Internet); c’est donc service minimum.

Je veux bien marcher une demi-heure pour trouver un resto, mais pas 1 heure et je vous rappelle que je n’ai pas de popote.

J’ai repéré une petite départementale qui passe à travers les monts (je vous rappelle que l’accès à toutes les forêts est interdit, il y a des affiches partout, à chaque début de sentiers balisés) et qui va à Lambesc (c’est de là que j’écris) et c’est parti pour la D 67; super bon choix, sur 9 kilomètres, on a pas rencontré une voiture, juste quelques cyclistes et une moto.

De plus l’endroit est magnifique et de l’autre côté on change une fois de plus de type de région.

À vue d’œil, je vois même un bout de l’Étang de Berre.

Par contre, je n’ai encore aucune idée comment continuer, mais en prévision, je vais faire quelques commissions : nourriture Héra, 2 kilo de savon, un en-cas, en cas de survie.

Au fait, il y a un ciel bleu magnifique et un petit vent frais et les terrasses sont accueillantes.

Voilà, les commis sont faites et j’attends mon menu du jour à côté d’une fontaine bassin bien habitée.

Ici aussi, il y a une quantité de fontaines et toutes coulent.

Un peu plus loin, il y avait un camping « normal », où on est bien accueilli, où il y a toujours une place pour une petite tente, où et la ça mérite une étoile de plus de l’eau chaude et de l’eau froide aux douches.

Donc, ces deux dernières heures : monter la tente, faire la lessive du siècle, laver le Philo de bas en haut et recommencer une fois, faire un étrillage complet de Héra.

Et maintenant boire une boisson gazeuse et fraîche car le bar est encore ouvert.

Il faut que j’étudie l’affaire, car samedi, il y a risque d’orages depuis 8:00 et ensuite toute la journée. Si je reste un jour de plus dans ce camping, où irais je samedi sous la pluie ?

Mon sac à de la visite

Journée tranquille, 18 kilomètres

Mercredi 6 septembres

Super nuit, et hier soir c’est la première fois que j’ai pu planter toutes mes sardines du premier coup sans qu’elles se tordent ou refusent de s’enfoncer (ne pas oublier d’acheter des sardines en titane-super-solide).

Grande nouvelle, je dois changer tous mes plans, car dans le Var (montagne Ste Victoires et tous les monts avant la mer) toutes les forêts sont en zone noire danger incendie, c’est à dire que l’on a même pas le droit d’y aller (zone rouge = autorisé de 5:00-12:00, ce qui n’est pas très pratique vu qu’il ne fait jour qu’à partir de 7:30).

Alors, ma seule solution, c’est de suivre les cours d’eau et de rester en plaine. Par contre, c’est beaucoup plus compliqué, car c’est ce que fait déjà tous les circuits routiers et autoroutiers, en plus il n’existe pas de chemin balisé, je dois jongler entre les chemins et les toutes petites routes, on va essayer, pour aujourd’hui ça devrait jouer.

Bon, on a mis une heure et demie pour retraverser Pertuis … il y a Héra qui me dit quelque chose … comment ! bien sûr que j’allais leur dire que je me suis arrêté pour profiter de la formule petit-déjeuner : jus d’orange pressé, thé, et 5 minis croissanteries.

Nous sommes à Villelaure, pour y arriver, nous avons suivi un petit chemin le long d’un minuscule canal.

C’était assez campagnard.

J’en ai profité pour déjeuner, c’était très bon :

Il y a un camping dans le coin, comme hier on a fait une très longue étape, on va peut-être s’arrêter, d’ailleurs mes habits on besoin d’une bonne lessive.

De plus, je dois étudier des variantes pour la suite.

Bon, 2 kilomètres pour rien, c’est un camping sans tente, que des bungalow et des caravanes et quelques camping-bus.

On va continuer notre chemin, ça m’ennuie car c’est en plein soleil et c’est pas génial pour Héra, mais je n’ai pas vraiment le choix.

Heureusement, j’ai trouvé un chemin qui est en fait le lit d’une de ces rivières qui se remplissent d’eau très vite lors de forts orage, et presque tout à l’ombre.

Ensuite, des chemins en plaine campagne, zigzaguants entre des champs cultivés et beaucoup de poiriers basses tiges très vieux, il y avait même un ruisseau avec beaucoup d’eau très propre, j’ai même vu un poisson. Par contre, le débit était très rapide.

J’ai déposé mon sac, j’ai pris Héra par le harnais et plouf dans le ruisseau, comme d’habitude elle boit et essaye de nager en même temps; après elle était en pleine forme, elle courait devant, faut dire qu’elle n’avait plus pris de bain depuis longtemps.

C’est vrais on c’est un peu perdu entre ces champs, mais on a vu trois poules faisanes et on a retrouvé la bonne route et surtout, on a traversé la Durance.

Il y avait un vent terrible.

La suite fut moins drôle, 4 kilomètres au bord d’une route, heureusement il y avait une piste cyclable.

Là, je bois mon thé et mon jus de fruit traditionnel plus une glace presque aussi traditionnelle, Héra dort après avoir mangé quelques gourmandises, bu l’eau que le serveur sympa lui à amené et goûté à la chantilly.

Tout ça sur une terrasse à La Roque-D’Anthéron.

Bon, le camping d’ici n’a pas de place pour les tentes. On va aller jusqu’au prochain. Je discute avec le patron du bistro, il m’indique un super chemin pour aller au camping suivant, mais c’est à 7-10 kilomètres. Il me donne 2 bouteilles gratuites de jus de fruits sympa !

En effet, après être sorti de la ville, il y a une route privée qui longe le canal et le camping est aussi au bord du canal.

Alors, on y va, c’est tout plat, un peu monotone mais au bout il y a le camping, il est tard, on assiste à un super coucher de soleil, j’accélère un peu le pas, pour pouvoir monter la tente avant la nuit complète.

On arrive enfin devant le camping, j’ai un mauvais pressentiment, il a été racheté par un grand Truc, des barrières partout, et surtout un immense panneau : interdit au chien !!!!!!

Je m’étais imaginé rester 2 nuits pour se reposer et faire la grande lessive.

J’essaye de voir s’il y a un hôtel dans la petite ville juste à côté, Charleval, rien, j’essaye chambres d’hôtes, j’arrive sur un répondeur. Maintenant, c’est la nuit, nous revenons un peu en arrière et bivouac, je ne sais pas où, car il fait nuit, et je ne tiens pas à attirer trop l’attention en allumant ma frontale. Ça sera la surprise demain matin.

Je monte toute la tente au clair de lune, je donne la pâtée à Héra, je me bois un des jus que j’ai reçu, je n’ai même pas envie de manger qqch (d’où l’importance de manger une glace quand on peut), là je suis un peu fatigué, on avait dit une petite étape et on c’est tapé 33 kilomètres

J’avais choisi l’option montagnes, car j’avais imaginé les problèmes du sud touristique près des villes connues. Je n’ai aucune idée de comment continuer, je commence à en avoir assez, mais faut rien décider avant une bonne nuit.

Mardi 5 septembre

Bon, nuit fraîche mais totalement maîtrisée, départ 7:30, car ça sera la journée la plus chaude de la semaine, c’était écrit dans le journal.

On monte à Saignan et, soudain, Héra qui est devant moi pousse un couinement comme quand quelqu’un lui marche sur la patte et je la vois revenir vers moi bien coiffée, elle venait de découvrir la perfidie d’une barrière électrifiée contre les lièvres, mine de rien elle repart devant, les poils bien alignés.

On arrive à Saignan

et c’est à mon tour de ne pas résister à la tentation, une boulangerie-salon de thé ouverte et accueillante; ça sera un thé et un croissant .

Rude montée, mais j’aime ça; j’ai trouvé, pour la descente, un petit chemin qui est parfait pour la journée la plus chaude de la semaine : le Vallon de la Glacière.

Au bas du Vallon nous rencontrons un couple de touristes avec un âne, ils me demandent mon aide (avec un fort accent hollandais), ils ne savent plus où ils sont, ils ont une carte et un GPS Garmin qui doit leur indiquer où aller, mais cela n’a pas l’air de fonctionner. Bon, moi ces GPS là je ne connais pas du tout, je me concentre sur leur carte où est indiqué leur parcours, c’est une boucle.

Je leur montre sur leur carte où ils sont maintenant, on compare avec ma carte et mon signal GPS, ils pensaient qu’ils étaient moins loin; ensuite je leur ai donné quelques instructions pour la fin de leur boucle, je leur ai conseillé de se fier plutôt à la carte. Ensuite chacun est parti dans sa direction.

Je suis certain que l’âne connaissait très bien le chemin, lui.

Voilà, nous sommes arrivés à Cucuron, c’est jour de marché, mais ils plient les tréteaux, par contre plus une place sur les terrasses, je vais attendre un peu.

Village très particulier, avec une place du marché autour d’un bassin-étang.

Les platanes sont bicentenaires.

Ici, dans le sud Lubéron, les vendanges ont commencé, on est passé à côté d’une cave viticole et les odeurs de grappes pressées et plus loin du marc, m’ont rappelé les vendanges en Valais.

Je n’ai pas un nez subtil, mais ces fortes odeurs me sont restées, ça m’a rappelé quand, après la vendange, avec mon père on chargeait la voiture un maximum et ont allait livrer le raisin à la cave, on vidait les caisses jaunes dans la trémie et souvent papa échangeait quelques mots en patois avec le « copain » qui réceptionnait.

La Promenade, c’est aussi ça, se fabriquer des nouveaux souvenirs et se rappeler les bons souvenirs du passé.

Nous sommes en plaine et on marche d’ombre en ombre. On est arrivé à Ansuis

à nouveau un de ces petits bourgs fait de maisons serrées autour d’une place forte.

En fait, si on s’arrête, c’est plutôt et pour s’hydrater et attendre que le soleil tape moins fort, car le chemin n’est pas à l’ombre.

Voilà encore une belle montée, heureusement à l’ombre et au sommet on voit la pleine de la Durance et la montagne St. Victoire.

Nous arrivons à Pertuis, ville moyenne, mais nous sommes du mauvais côté et nous devons traverser toute la ville et même faire encore un bon bout, car le camping est un peu en dehors.

J’arrive juste à monter la tente avant la nuit, je mange une bonne boîte de thon à l’huile et Héra à droit à une bonne portion d’un pâté que j’ai acheter hier pour elle, en fait, elle mange tout le pâté.

Belle journée chaude 29 degrés et 37 km (donc 310km en tout).

Lundi 4 septembre

Alors, ce matin : 11 degrés, mais j’avais anticipé, hier soir j’avais enfilé mon super pull-fin-manches-longues-col-roulé en laine de Mérinos, et j’ai dormi comme un bébé, faut pas oublier que j’ai un matelas qui m’isole bien du sol et un super sac de couchage.

Le ciel est tout couvert mais ça ne devrait pas durer.

Bon journée de repos, je dois absolument trouver de la nourriture pour Héra. Vers 8:30 on va en ville, le camping n’est pas loin d’un grand centre scolaire et c’est la grande rentrée.

De l’influence des séries américaines sur les écolières françaises; j’ai croisé une multitude de « grappes » de jeunes écolières, comment dire, presque toutes ont des souliers neufs, une coiffure digne d’un mannequin juste avant une photo, des habits très calculés et pas mal de maquillage.

Et là je vous parle de gamines entre 11 et 14 ans.

Et les garçons : eux c’était surtout un soin particulier pour les chaussures et une heure devant le miroir pour avoir un look savamment décoiffés.

Bon, c’est lundi, presque tout est fermé, je voulais offrir un salon de toilettage à Héra, mais les deux que j’ai trouvé sont fermés.

Promenade dans la vieille ville d’Apt.

Ouf, j’ai trouvé un InterMarché à moins de 3 kilomètres et j’ai un kilo de plus à porter demain pour ma déesse.

Et voilà, il est presque 11:00 et on est sur une terrasse ensoleillée et il n’y a plus un nuage.

Ils sont doués pour trouver La bonne place:

Bon, comme j’avais dit : lessive

Et parfois faut être inventif, vives les bâtons de marche.

D’accord on voit pas bien, mais cherchez un peu et en bonus essayez de trouver Héra.

Repas tranquille sur une terrasse et à un autre endroit je viens de manger une glace arôme : graine de fenouil, délicieux.

Une platée de carbonara et 13 km (mais sans les 16 kg du sac, ça change tout)

Dimanche 3 septembre

Parlons d’abord de la froide nuit, j’avais anticipé et déjà mis un pull et mon tour de cou, mais au milieu de la nuit, je me réveille un peu crispé, j’ai froid et je dois aller me soulager; l’aller retour sanitaires-tente m’a frigorifié, j’ai mis mon polaire et le reste de la nuit fut impeccable.

Quelle aventure ! (phrase culte de Dussolier dans les Enfants du Marais)

Je sais, j’ai déjà utilisé cette expression il y a quelques jours, mais je ne pouvais pas savoir que ce que j’allais vivre serait encore plus aventureux.

D’abord, on en a pris plein les yeux: imaginer une gorge comme l’Ardèche, mais au fond pas d’eau et aucune route, ni aucun touriste, c’est super sauvage.

Il y a juste quelques ruines de vieux moulins et on marche sur le lit de la rivière.

Le Ravin de Véroncle.

Mais on a fait aussi le plein d’adrénaline, car il faut bien ressortir, je suis les balises et ça grimpe de plus en plus sur un chemin étroit et, heu ! Plutôt abrupte.

Et on se retrouve au pied d’une paroi avec des câbles et une main courante

Bon, je dis à Héra de ne pas bouger, je monte avec le sac, je l’enlève, je redescend et je prend Héra sous le bras gauche et je grimpe une deuxième fois.

Mais, c’est rien, un peu plus loin, une paroi assez lisse de 7 mètres et juste une corde

(Vue d’en haut, 80 degrés )

Je regrimpe seul avec mon sac, je laisse mon sac et je redescends, mais la manœuvre est impossible à trois pattes, j’ai pris le petit sac à dos souple, je mets Héra dedans et j’essaye de mettre le sac sur le dos, mais les zip ne tiennent pas et Héra saute par terre.

Bon je recommence la manœuvre, mais cette fois j’utilise le collier de Héra pour empêcher les zip de s’ouvrir et je mets le sac côté ventre, c’est beaucoup mieux et je grimpe comme ça; ouf on est en haut sain et sauf, alors :

Quelle aventure !

Bon, même si j’ai dû encore une ou deux fois porter Héra, nous voilà en haut et notre Promenade peut continuer plus calmement.

Là, je vous écris depuis Roussillon en mangeant un repas bien mérité

En face de nous, les carrières d’ocre

Après un bon repos, nous partons direction Apt, nous traversons une forêt encore différente : il y a des pins et quelques chênes, mais au sol une majorité de bruyères, du thym et beaucoup de romarins; ça sent bon, mais il n’est pas question de faire une grillade, un peu trop dangereux.

Et toujours ces superbes couleurs d’ocre

En passant comment repeindre sont luminaire de façon très écologique?

Nous approchons d’Apt et ce qui est très pratique, ils ont transformé l’ancienne voie de chemin de fer en chemin piétons, vélos, etc.

Ainsi on passe par dessus toutes les grandes routes et on arrive au milieu de la ville devant l’ancienne gare et le chemin continue cette fois plutôt enterré et on peut le suivre jusqu’au camping municipal. Très très belle et intelligente réalisation.

Et ensuite, la routine : monter la tente, douche; vu les deux longues étapes, demain repos, alors la lessive attendra demain matin.

Ce soir. Je vais me contenter de frites belges (c’est précisé), par solidarité avec Marianne qui est à la fête de la BD à Bruxelles.

Donc 26 kilomètres et 2 litres d’adrénaline.

Samedi 2 septembre

Bonne nuit fraîche, pour démonter le camp, j’ai utilisé la fonction « cagoule » de mon tour de cou, car il y avait un vent glacé. J’avais déjà bien préparé hier soir, l’affaire fut vite menée; heureusement car Héra était très impatiente.

Départ à 7:15 il faisait presque encore nuit, que ceux qui s’inquiétaient pour Héra soient rassurés, elle est partie comme une bombe, toute contente de reprendre le chemin.

Pour marcher j’ai un pull bleu émeraude pétant, bien m’en a pris, il y a une vingtaine de chasseurs et probablement autant de chien, et tous savent, enfin je l’espère, que les sangliers ne sont pas bleu.

Enfin, quelques heures plus tard, le Philo est toujours vivant.

On est dans une région magnifique, très différente, plus verte, mais il y a toujours des cailloux.

Là, je bois un thé sur une jolie terrasse en mangeant du chocolat aux noisettes.

Nous sommes à Méthamis.

Après une belle montée, nous longeons depuis quelques kilomètres le mur de la peste, et vous me connaissez, je marche bien sûr du côté des pestiférés.

Je ne peux pas m’empêcher de provoquer les croyances populaires, de tirer la queue du diable, de me moquer des superstitions; cela va de paire avec mon athéisme.

Les quelques fois où j’ai joué du théâtre, j’ai toujours proposé une nappe verte et je demandais si les cordes des décors étaient bien tendues; sur le bateau je rêve de lapin; j’adore les chats noirs et passer sous une échelle.

Ça fait 60 ans que je cumule les moments chanceux, 60 ans de bonheur, même s’il y a eu des bas et des hauts, s’il devait m’arriver quelque chose maintenant, pour moi ça serait juste de la statistique (non, je n’écris pas en me croisant les doigts).

Vous savez quoi ? J’ai, ici et maintenant, l’impression de Vivre un moment de bonheur et de partage, pas seulement de partage avec Héra mais avec tous les gens que j’aime.

Un bonheur égoïste ne sert à rien alors prenez aussi pour vous cette joie, elle arrivera très vite car il y a un vent à décoiffer Héra.

C’est assez rare pour le signaler, j’ai rencontré un homme avec son chien sur le chemin, nous avons échangé un peu, il était surtout étonné par mes chaussures, il m’a demandé la marque.

Quand on s’arrête, je pose mon chapeau côté intérieur vers le soleil pour qu’il sèche, il faut juste ne pas oublier de mettre un caillou dedans pour pas qu’il s’envole.

Enfin, après encore un col nous voilà arrivé à Murs. Superbe petit village.

Mais quelle aventure, heureusement que j’avais le sac à dos, car certaines rafales de vent étaient carrément déséquilibrantes et Héra a mis un moment à remettre ses oreilles en ordre.

Il y a un resto et ils servent encore un repas, miam !

Encore 2-3 kilomètres et nous arrivons au camping municipal de Murs qui est loin à l’extérieur. Pour monter la tente, c’était un peu la galère, tellement il y avait du vent.

Comme les pierres ne manquent pas, j’ai mis sur chaque sardines une grosse pierre et comme toutes les affaires sont aussi dedans ça devrait tenir.

Douche pour moi et souper pour Héra, ensuite repos. Normalement Héra reste dehors jusqu’à la nuit, mais là, avec le vent, dès que les affaires étaient à l’intérieur, elle c’est vite faufilée au pieds de mon sac de couchage et elle roupille déjà.

Je n’ai pas vu Héra boiter de toute là journée, je continue de lui appliquer la pommade, mais ça ne doit plus la gêner.

Bon, ça avait l’air facile aujourd’hui, car on est bien reposé et entraîné, mais on a quand même fait 33 kilomètres.

Vendredi 1 septembre

Donc, après cette dernière journée d’août un peu spéciale, voilà la première journée de septembre.

D’abord, la nuit a été régulièrement fraîche, mais tout à fait supportable; la nouveauté vient du mot « régulièrement »; en effet, les autres nuits commençaient assez chaude et il y avait un pic de fraîcheur et ensuite ça se réchauffait régulièrement. Il fallait commencer en étant au dessus du sac de couchage et ensuite se mettre dedans, etc.

Cette nuit, j’ai commencé dedans et c’est beaucoup moins mouvementé.

Une autre preuve, que le matin est lui aussi plus frais, c’est que Héra s’est pelotonnée au fond de la tente.

Au passage, j’espère que vous avez admirez le beau jaune produit par mon matelas alvéolé et gonflable.

Donc, convalescence de Héra oblige, nous allons faire une journée cool et nous repartirons demain sur les chemins.

Ouin ! Il y a une superbe boulangerie, mais ils sont en vacances, bon une terrasse et un thé.

Voilà, un timide soleil revient, je vais pouvoir enlever mon polaire. À propos d’habits, hier j’ai testé une nouvelle paire de chaussettes basses étanches; comme je l’ai déjà dit, je marche avec des sandales de marche comme l’année passée (ce sont les mêmes d’ailleurs)

et quand il pleut comme hier ou s’il devait faire très froid, je mets des chaussettes.

Je suis complètement imperméable (moi aussi) à l’aspect ringard du couple sandales-chaussettes, mon seul critère : l’efficacité.

Je suis satisfait de ces nouvelles chaussettes, déjà elles sont assez épaisses (cela devrait même poser problèmes dans des chaussures fermées), ce qui donne tout de suite un sentiment de confort et de chaleur et elles sont vraiment étanches (en tout cas dans les conditions d’hier), adoptées.

Je peux même, m’imaginer les utiliser sur des pieds blessés. Par contre, le séchage est deux fois plus long, car il faut sécher un côté et ensuite retourner la chaussette et sécher l’autre côté (elles sont normalement antibactérienne), donc mieux vaut toujours commencer à sécher l’intérieur.

Vous le savez, maintenant, les jours de repos, je suis même capable de parler de mes chaussettes et si on abordait le sujet complexe des lessives… vous avez eu peur!

Voilà, presque tous les nuages sont partis et un vent frais très agréable souffle, j’ai déjà les jambes qui démangent.

Une petite dernière :

On en a profité pour visiter la ville, c’est une ville fortifiée en rond, comme beaucoup dans la région, j’ai compté au moins 6 fontaines et toutes coulent à flot.

En me promenant aux alentours, j’ai vu beaucoup de vieux puits et ils sont tous en activités car les pompes et les tuyaux qui sont à côté, sont eux du 20 ième ou 21 ième siècle, preuve de l’abondance de l’eau.

Par contre, il n’y a pas un gazon qui est vert, les légumes oui et quelques plante fleuries devant les maisons aussi.

Et la même chose devant les maisons cossues, preuve que l’utilisation de l’eau, malgré son apparente profusion, est vraisemblablement règlementée.

Il y avait, juste devant la porte de garde, une grande fontaine à l’extérieure de la ville, et le surplus d’eau partait par un canal qui plus loin se divisait en plusieurs petits canaux et ceux-ci servaient à arroser des petits jardins.

Pour distribuer l’eau partialement, une personne était chargée de répartir l’eau selon des règles négociées.

Ça me rappelle le système des bisses en Valais, il y avait aussi un « maître » de l’eau qui réglait les arrosages.

L’eau était indispensable pour les cultures, et les systèmes pour la repartir le plus équitablement se ressemblent d’une région à l’autre.

Une initiative intéressante de la commune, il y a une station communale de benzine; je suis passé devant, il n’y a aucune marque de distributeurs, c’est juste marqué : Station communal; elle est ouverte 24/24. C’est probablement géré par la commune et la volonté est de garder une station ouverte dans la ville.

Je comprends bien cette initiative, car lors de nos vacances en Normandie, nous avons croisés beaucoup de stations abandonnées.

Autre particularité, il y a une église dont le slogan révolutionnaire est gravé sur le fronton.

Ce n’était pas si rare et voilà un texte que j’ai trouvé et qui me convient parfaitement :

« ces marques républicaines rappellent incidemment qu’une religion n’adhère aux principes de liberté, d’égalité et de fraternité (comme de sororité) que sous la contrainte et en contradiction totale avec les textes dits sacrés, dans lesquels on chercherait en vain une ébauche de liberté individuelle ou un soupçon d’égalité avec, par exemple, les non croyants ou entre les hommes et les femmes. Si cette subordination de l’institution catholique à l’État peut apparaître comme liberticide, lui laisser une entière liberté aurait été l’autoriser à renouer avec son histoire et ses fondements totalitaires. « 

Je n’aurais pas pu dire mieux, je suis persuadé que l’avenir de l’homme dépend de sa capacité à s’affranchir de toutes les religions et surtout des dogmes, mais je ne suis pas contre le folklore, ni contre le souvenir et l’histoire, mais c’est bien le seul rôle que je pourrai accorder à une religion; pour moi, il n’y en a pas une qui vaut mieux que l’autre.

L’avenir est à la libre pensée, à la non-violence et à la fraternité, mais pour ça l’être humain doit devenir adulte et s’affranchir des dogmes et du surmoi n’en déplaise à Freud.

S’était la minute du penseur Philo, un espèce de marcheur rigolo.

Journée de repos et quand même 12 kilomètres ce qui nous permet de passer le cap des 200 kilomètres.

Jeudi 31 aoûtz

D’après ma station météo, il commence de pleuvoir vers 8:00. À 6:45 je me réveille, j’ouvre la tente et regarde dehors, c’est très très gris.

Je me lève et commence de suite le démontage, en faisant un petit sprint pour finir, le sac est vite fait, on se met à l’abri et il pleut à verse. Ça c’est de la précision (et pas mal de chance).

On est à l’abri, je m’équipe pour la pluie, j’ai des pantalons et une veste, tout deux imperméables, Goretex et légers.

Héra ? Ça fait 3 jours qu’elle ne s’est pas douchée!

Non , je n’ai pas pris de protection.

Aujourd’hui, normalement c’était prévu journée de repos, mais comme le camping ferme et qu’il pleut, nous faisons une petite étape, direction Ville-sur-Auzon.

Super chemin, il pleut toutes les 30 minutes mais finement et il y a des endroits qui sont tout sec.

Il fait chaud mais agréable et bien sûr humide et on traverse des zones odorantes, c’est presque saoulant, j’adore.

Il pleut de plus en plus, c’est un bonheur pour la nature, heureusement, nous sommes à l’abri sur une terrasse et je bois un bon thé chaud. On va attendre, probablement se trouver un Resto et déjeuner (c’est à ces détails qu’on remarque que je me suis acclimaté au camp de base). J’espère que ça va se calmer un moment, juste le temps de monter la tente.

Héra est sous ma chaise en boule et elle roupille.

Petit aparté concernant Flassan, j’ai adoré ce village, malheureusement hier il faisait gris et ce matin il pleuvait, je n’ai donc pas fait de photo.

Je vais un jour y revenir, juste pour le photographier.

J’ai trouvé sur Internet des photos, que je me permets de publier et le plus étonnant c’est qu’il y avait beaucoup d’eau et dans la fontaine qui coulait et aussi dans le lavoir. La situation, de ce côté du Ventoux est différente, ici il y a de l’eau, c’est vrais qu’on est dans le Vaucluse.

Bon, ce matin, juste au lever, Héra boitillait, puis plus rien, pendant toute la marche, elle était devant comme d’habitude et à un moment, on passait devant une ferme et un gros chien a aboyé, elle a détalé dare-dare.

Mais au camping et chaque fois qu’on s’arrêtait, après elle boitait et il me semble de plus en plus.

C’est là, qu’on voit comme les amis sont importants, j’ai appelé Sylvie et Jean-Claude qui habitent à Carpentras, ils ont pris rendez-vous chez leur vétérinaire et ils viennent nous chercher en voiture; ce n’est pas génial.

En voiture direction Mazan, la clinique vétérinaire.

Je vous rassure tout de suite, ce n’est pas grave, Héra s’est fait probablement piquer par une épine ou une de ces semences pleine de picots; elle avait un côté d’un coussinet un peu enflammé à la patte avant gauche , je dois lui mette 3 fois par jour une pommade et elle a eût droit à une piqure de cortisone.

Le vétérinaire était très cool, il lui a souhaité bonne suite de promenade, Héra était d’ailleurs pressée de sortir du cabinet.

C’est pas nécessaire selon le vétérinaire, mais on va rester sur place un jour avant de reprendre en direction de la Méditerranée.

J’ai invité Sylvie et Jean-Claude à manger des pizzas (qui étaient délicieuses) et j’ai beaucoup parlé car j’en ai pas souvent l’occasion.

Merci mille fois.

On a quand même marché 13 kilomètres.

Demain, en principe, retour du soleil mais avec des températures plus clémentes.

Mercredi 30 août

Voilà, c’est fait, mon premier objectif est atteint.

Très belle montée, d’abord des sapins et des mélèzes + des pierres, ensuite des pins de montagnes, des mélèzes + des pierres,

plus haut quelques rachitiques pins, de rares touffes de graminée + des pierres

et tout en haut que des pierres.

L’autre versant, c’est très étonnant, c’est à peu près la même chose mais il y a beaucoup de buissons de genévrier.

Bon, au sommet, on est pas resté longtemps, j’avais peur que Héra perde une oreille, tellement il y avait du vent.

On a vite repris le chemin de la descente, loin de la route, direction le Chalet Reynard.

En haut du Ventoux et une partie de la descente, j’ai testé une nouvelle pièce vestimentaire, j’ai mis mon « Buff » autour du cou comme un col roulé amovible. Un « Buff » est une sorte de cylindre de tissus, le mien c’est du tissus très fin, mais chaud car il est en laine de mérinos. Je l’ai adopté et j’en suis totalement satisfait.

Je l’ai remis quand on s’est arrêté pour manger au Chalet Reynard.

Après une bonne pause, on reprend nos chemins pierreux en direction de Flassan; il nous reste pas mal de kilomètres à faire, une partie du chemin c’est des routes pare-feu qui permettent l’accès au cœur des forêts pour les pompier, ce sont des routes très larges, 6-8 mètres, bien sûr en cailloux blancs-gris, on en a déjà empruntées souvent, elles sont chouettes pour autant qu’il n’y a pas de soleil, aujourd’hui on a de la chance, car depuis 14:00 le ciel commence à ce voiler, vers 16:00 il est presque tout gris, mais ça change sans arrêt; ils ont prévu des orages demain toute la journée.

On arrive à Flassan, très charmant tout petit village, il y a un petit camping municipal, qui d’ailleurs ferme demain, donc même s’il pleut, je dois plier le camp et partir, le camping est vieux, mais tout fonctionne, lessive, douche , youpiiiii ce sont des anciennes douches avec deux robinets, alors j’ai pu finir avec une douche froide.

Encore une fois c’est Héra qui a le plus de mérite, car pendant 4 heures elle a marché sur la caillasse et c’est pas des galets.

Ça c’est dernière nous

Ça c’est devant nous

Aujourd’hui on a parcouru 36 kilomètres, demain je vais trouver une toute petite étape.

Tout au fond on voit le Ventoux

Mardi 29 août

Nuit acrobatique, car nous étions un peu en pente; mais un réveil magique

Une lumière extraordinaire, pas un nuage et une température agréable.

Allez, on démonte et en route.

Il y avait une gardienne et une visite :

Après environ 1 heure de route on arrive au village de St Légier du Ventoux, pas de bistro, pas de boulangerie mais de l’eau. Je fais le plein et cette fois on attaque les bases du Ventoux.

Et je l’ai vu, ça existe encore, une rivière avec de l’eau, pas beaucoup mais ça coule.

Notre objectif photographié ce matin

On a commencé l’ascension, c’est beau mais c’est raide, heureusement les 2/3 sont à l’ombre pour le moment.

On est dans une forêt plus touffue et on sent un air frais, Héra me dépasse et part en avant, au prochain contours, je la vois les quatre pattes dans un minuscule torrent en train de se désaltérer, elle me regarde toute contente, je la comprends tout à fait.

Le Ventoux est généreux.

Ça monte, ça monte et ainsi, depuis 11:00 nous avons franchi le cap des mille mètres d’altitude, on remarque une différence, il fait toujours très chaud mais il y a un courant d’air et il est frais c’est très agréable.

Je sens quand même la fatigue (faut dire aussi que le dernier vrai repas c’était dimanche soir), alors je fais une halte et on repart.

Presque chaque fois que je me m’assois, Héra vient derrière moi et roupille.

Ouf! Nous voilà installés sur une accueillante terrasse.

Je dois avouer que pour les 2 derniers kilomètres j’ai dû puiser dans mes dernières forces physiques et mentales, c’est bien d’aller parfois tester ses limites.

D’ailleurs, je connais la potion magique pour récupérer rapidement (il manque sur la photo mais après il y a encore eu une crêpe confiture abricot); et pour le salé j’attendrais le souper.

Il est là :

Maintenant, monter le camp, lessive, etc. vous connaissez la chanson.

Nous sommes au Mont Serein.

Je suis tout tout propre et Héra est étrillée, c’est comme dimanche.

Bon aujourd’hui 20 km et 1000 mètres de dénivelée.

Encore miam-main et dodo

Lundi 28 août

Après une bonne nuit, plier le camp et départ à 7:30. Le ciel est légèrement voilé, mais je me méfie maintenant, quand il fait lourd et humide dans cette région, il faut faire attention à l’hydratation.

J’ai une poche à eau de 3,5 l dans le sac, une gourde de 1 l et une gourde de 6 dl, total 5 litres, une des nouveautés de cette année, les deux gourdes sont munies d’un filtre qui me permet de boire l’eau des ruisseaux, mais je n’ai pas encore rencontré de ruisseau qui n’était pas asséchés.

Avec l’eau et la nourriture de Héra, mon sac pèse 16 kg.

Ce que j’ai fait ce matin, j’ai rempli la gourde de 1 litre et je me suis forcé à tout boire pendant le démontage, ainsi je pars avec déjà un litre de liquide dans le corps.

Bien sûr après je remplis à nouveau la gourde.

En montant au col, je vois mieux les quelques amuses-gueules pour les via ferratistes.

Buis, suite, c’est très encourageant, ici les buis ne sont pas du tout malade.

C’est de toute beauté, nous marchons à flanc de coteau comme sur un balcon qui aurait été construit pour admirer le Ventoux.

C’est très motivant, j’ai vu mon premier rapace, probablement un milan noir et à mes pieds il y a des sauterelles couleur pierre qui, quand elles sautent-volent sont comme des petits éclairs rouge-orange. À un autre endroit il n’y a que des petits pins (manque plus que le chocolat) et le sol est recouvert de pignes de pin, un vrais tapis roulement à billes, il faut se méfier, j’ai hésité à faire une photo, mais l’odeur de pignons grillés aurait manqué dans la photo.

Je suis arrivé à Plaisians, petit village un peu éparpillé, il y a une grande auberge avec une belle terrasse ombragée, bien sur elle est fermée le lundi.

Mais Philo est un chanceux, il y a une jeune fille de 14 ans environs qui vient vers moi et me demande si je veux boire quelque chose, cinq minutes plus tard j’avais un coca, un verre rempli de glaçons et une carafe d’eau d’un litre pleine de glaçons aussi, c’est pas beau la chance.

Après cette longue montée et ensuite ce beau parcours à flanc de coteau, il fallait bien une descente, et quelle descente.

Assez raide, assez large mais que des petites pierres rondes instables, par 4 fois les bâtons m’ont évité la chute, je les aime très beaucoup.

Dans ce cas, il faut surtout éviter de se crisper, car la crainte de glisser à nouveau nous raidit. Ma technique : j’écarte un peu plus les jambes et j’amplifie le mouvement ressort des genoux.

Vu de derrière ça doit faire comme un Lucky Luke très souple, avec en plus des bâtons, voilà ma méthode harmonieusement efficace.

J’ai bien glissé encore quelques fois, mais sans gravité et je suis resté bien souple, c’est comme quand on skie un jour blanc ou dans le brouillard.

Mais, ce que nous avion vécu le matin ce n’était rien par rapport à l’après-midi.

D’abord finir de descendre tout ce qu’on est remonté pour passer par un étroit passage (où normalement coule une rivière) et ensuite en plein cagnard on a suivi une route qui remontait jusqu’à une grande ferme, accueilli par 6 chiens de chasse, ça redonné de la force à Héra.

Ensuite on suit un chemin très raide lui aussi exposé au soleil et on arrive vers un chemin genre bisse avec un filet d’eau, Héra s’en est donné à cœur joie et a bu tout son soûl.

À la fin de cet espèce de bisse, plus de marque ! Et ça grimpe toujours plus et je ne vois pas de chemin, je me repère au GPS on a l’air d’être juste, on continue de monter en se faisant un chemin avec les bâtons et enfin on retrouve le petit chemin balisé.

Quelle aventure !

Mais je le chemin est plutôt vertigineux (Christiane, ce passage tu ne le lis pas à maman ; message personnel à ma sœur), on est à nouveau à flanc de coteaux, mais il ne faut pas faire un faux pas.

Ça fait déjà un moment que je repère des endroits pour bivouaquer, mais c’est des cailloux et encore des cailloux, enfin je déniche un endroit et on s’arrête, Héra s’est trouvé un endroit où elle peut tout voir et je fais le montage du camp.

Aujourd’hui 24 km, mais quels kilomètres.

Indéniablement, l’héroïne de la journée c’est Héra, car elle a été incroyablement persévérante.

Sur des chemins comme ça, tout est chaud, je l’ai vu choisir chaque pierre pour poser ses petites pattes.

Au fait, à part dans le petit village où on c’est arrêté, de toute la journée on a pas rencontré âme qui vive.

120 km déjà dans la Promenade 2

Dimanche 27 août

Aujourd’hui, première journée de repos, ça commence par la grasse matinée, sous tente, ce n’est pas en regardant une montre que l’on décide l’heure de se lever, c’est plus naturel, on sort de la tente quand la température devient trop élevée, c’est généralement quand même avant que l’eau se met à bouillir dans les gourdes.

C’est un camping très calme, presque pas de bruit, pas de fêtards qui arrêtent de faire du bruit juste avant que les sportifs se lèvent, vraiment très agréable.

Dans ce camping, il y a quelques vieux habitués dont leur plus grand effort c’est d’aller chercher les glaçons avant l’apéro, quelque couples sportifs qui sont en vélo, et surtout des grimpeurs ou des via-ferrateurs, car c’est la région pour ces sports et bien sûr quelques randonneurs, en tout cas un, moi, car pour le moment en trois jours je n’ai croisé qu’une seule randonneuse et comme les deux ont économisaient notre souffle on c’est juste salué.

Depuis Nyons je suis le GR 9 (je ne suis pas monsieur GR 9, je le suis, du verbe suivre, parfois le français est confondant) et je peux le suivre jusqu’à la mer, c’est donc beaucoup plus simple que l’année passée pour préparer mes étapes, je dois juste les découper comme il faut.

Bon, ce n’est pas si simple, car il y a beaucoup de variantes, mais tout est balisé et une fois la variante choisie je ne consulte presque plus mon GPS.

Mais, pour le moment, c’est un GR très peu fréquenté, on verra ces prochains jours.

Donc, après une bonne douche, tiens, à propos, nous vivons dans le luxe, avant pour avoir une douche chaude dans un camping, il fallait se lever tôt et maintenant c’est tout le temps chaud, enfin agréable et on ne peut plus régler, ce qui me manque c’est une douche froide, je finis toujours mes douches par une bonne douche froide et là, c’est plus possible, sniff !

Je disais donc, après la douche une quinzaine de traversées dans la piscine (je ne vous donne pas la longueur de la piscine, car ce qui compte, ce n’est pas la performance, mais le plaisir) que ça fait du bien, j’ai l’impression que les muscles se sont remis en place. Me voilà tout requinqué.

Attention ! Journée de repos, Philo a du temps pour écrire.

Dans cette région, comme presque partout on trouve sur une carte de restaurant au moins un menu et une pizza végétarienne, le minimum syndical, mais je n’ai pas vu d’établissements uniquement végétariens; et ici le mot végane n’existe même pas (ni végétalien qui est la version moins stricte), c’est encore un anglicisme, on devrait dire végétalisme voire végétalisme intégral (comme nu intégral, c’est comment être nu pas intégralement ?).

Bon, je vais être très clair, j’adore les animaux, je suis contre toute maltraitance, mais je les aimes tous aussi dans mon assiette, oui Madame, le cheval aussi, mais plutôt saignant.

Ceci étant dit, je comprends les végétariens, tant qu’ils n’imposent pas leur système de pensée aux autres.

J’ai une anecdote : une dame végétarienne dans un restaurant s’offusque à l’idée de manger de la langue de bœuf, c’était au menu du jour, « quoi manger ce qui était dans la bouche d’un animal, jamais »; le serveur, fort à propos, lui répond: « vous préférez un œuf? »

Pour moi le végétarisme est ce qui, certainement dans l’histoire de notre évolution, sera le point de départ de notre déclin, le déclin de la race humaine. Car, si nous sommes arrivés où nous en sommes (là je ne parle pas si c’était une bonne ou une mauvaise chose), c’est grâce, entre autres, qu’à un moment donné de notre lente évolution, nous avons changé notre alimentation, nous avons commencé à être aussi carnivore et ainsi notre cerveau c’est développé; on arrête de manger de la viande et notre cerveau va commencer à décliner . Et je ne parle même pas de la vitamine B12.

Je comprends très bien que pour fabriquer un kilo de viande ça demande beaucoup plus de matière et ce n’est pas très raisonnable, et combien de « matière » faut-il pour transporter en avion tous les véganes qui se rendent au congrès mondial des « super-respectueux-plus-que-les-autres-de-la-nature », de les loger soit dans des bâtiments chauffés, soit dans des bâtiments climatisés, ainsi que leurs 3 douches par jour ?

Certains attendent que l’avion à pédales existe et une fois qu’ils l’auront essayé, se rendant compte que c’est très fatigant, vont rétablir l’esclavage.

Ok, là je suis au maximum de ma mauvaise foi, mais que ça fait du bien.

J’ai de toute façon un problème, car, dans la vraie vie, une personne qui se dit écologique et qui fume me pause une problème de compréhension, pour moi ce n’est pas harmonieux.

Par contre, je vous aime tous.

Je crois à la solidarité humaine; cette dernière phrase prouve que ma naïveté est immense, tout comme mon optimisme.

Vous comprenez pourquoi j’adore marcher seul ou avec Héra dans la nature … en utilisant des batteries, du carbone, des habits haute-technologie, des iMachins, etc.

J’adore les contradictions.

Je pense que c’est la journée la plus chaude depuis qu’on est parti, Héra a eu droit à sa douche.

Il faut si chaud que sa sèche vite.

Ce soir double repas, d’abord une salade italienne, olives, copeaux de parmesan, mozzarella, tomates, jambon cru et ensuite tagliatelles carbonara pour les protéines lentes et vous savez quoi? Je n’ai pas pris de dessert.

Voilà, on est fin prêt et je me réjouis de repartir demain matin, j’ai regardé l’itinéraire, ça sera très chouette, on est déjà dans la marche d’approche pour le Ventoux.

Aujourd’hui 6km

Samedi 26 août

Nuit assez fraîche, donc agréable; par 2 fois Héra a grogné , il devait y avoir des animaux rôdeurs et curieux, mais les grognements de Héra ont fait leur effet.

Vers le matin, Héra a grimpé sur les affaires qui sont vers ma tête et est venue s’installer contre ma tête, elle a dû avoir un peu froid, on s’est réveillé le matin dans cette même position.

Je vais mettre des habits sous sa fine couverture, ça fera une meilleure isolation.

C’est une journée spéciale pour mes amis samaritains de Faoug, c’est la sortie surprise pour marquer les 50 ans de la section; du haut des Baronnies, je leurs souhaite une formidable journée, bises à tous.

Bon, debout et après le démontage du bivouac en route pour Buis-les-Baronnies.

10:15 on est sur une terrasse avec une carafe d’eau et une théière, il faisait soif.

Ensuite trouver le camping municipale, monter la tente, se laver 2 fois, se raser 1 fois, lessive 1 fois, ne pas réveiller Héra 4 fois, ensuite aller faire des commis, 1 fois, et si j’ajouterai piscine 1 fois.

Je prends un jour de repos à Buis-les-Baronnies. Camping municipal très correct, juste à côté de la sublime piscine municipale elle aussi; de 9:00 à 13:00 l’entrée est gratuite pour les campeurs, je vais en profiter demain matin.

Tenez-vous bien, pour 2 nuits, 1 personne, 1 chien, une tente, taxe de séjour, entrée à la piscine, douche chaude, WiFi gratuit, tout près du centre ville mais hors des routes, tout ça 11€40 (les deux nuits).

Avec les économies, je vais me payer un bon resto ce soir.

Tout autre sujet, nous sommes à Buis et en effet toute la région est remplie de buis sauvages et j’ai bien observé leur état; car depuis l’année passée tous les buis sont détruits par les dégâts causés par la Pyrale du buis.

En effet, tous les buis que j’ai vus sont attaqués, mais il y a en moyenne 2/3 du buis qui reste vert, ce qui n’est pas le cas des buis plantés qui ne sont pas traités. C’est plutôt encourageant, c’est certainement étudié et suivi de près.

Je l’ai vu, sublime, il m’attend

Le Mont Ventoux

Au repas ce soir : une copieuse et excellente salade grecque.

Aujourd’hui 21 km

Vendredi 25 août

J’ai bien dormi, d’abord dessus le sac de couchage et ensuite dedans, car il faisait plus frais. Héra est en boule à côté de moi, là elle fait semblant de dormir. Je suis biologiquement réveillé vers 5:30, mais c’est très différent de l’année passée, il fait nuit beaucoup plus longtemps, je ne peux pas envisager un départ avant 7:00.

C’est quand même étrange de me retrouver à Nyons comme ça; ici, on y vient presque chaque fois que nous sommes à Grignan, justement pour le marcher; ce qui me fait penser que je suis en terrain connu, alors que ce matin, j’ai plutôt l’impression d’être en terre inconnue.

Ne compter pas sur moi pour élever mon niveau des jeux de mots (laids), la cause est définitivement désespérée.

Bon, je vais gentiment plier bagages et me mettre en route.

Ça fait un peu plus de 2 heures que nous marchons et seulement 10 km, mais que de la montée et c’est raide de chez raide, c’est étroit et c’est de la caillasse.

J’ai mesuré la pente avec l’application boussole (si,si, c’est possible mais faut aller à la deuxième page) de mon ifone

= 25-30% de pente.

Par contre, et c’est la seule nouveauté matériel de cette année (à par les gourdes), j’utilise des bâtons de marche!

Oui, j’étais très contre, car j’ai besoin de mes mains pour faire des photos, regarder la carte topo, tenir la laisse.

Voilà ma réflexion, j’avais regardé en gros le parcours et j’ai choisi l’option : tout par les montagnes. Alors se posait la question des chaussures, souliers de marche de montagne ? Ou sandales de marche comme l’année passée ? On est quand même dans le sud et au mois d’août, l’ expérience des sandales (Keen, bonne semelle, avant du pieds protégé, système de laçage impeccable) l’année dernière, même sous la pluie était très positive. Par contre, lors des quelques belles montées et des descentes qui suivaient, les sandales ont montré leur limite.

Je me suis renseigné et la solution c’était les bâtons de marche , ils déchargent de 40% les genoux et ajoutent beaucoup d’équilibre à la descente.

Mes critères : pliables, solides, et surtout très légers; heureusement, grâce à la générosité des amis qui étaient invités à la fête surprise de mon anniversaire, le critère prix n’était pas le plus important.

J’ai pris les Black Diamond Distance Carbon FLZ (pour les spécialistes), c’est-à-dire : en fibre de carbone, en trois partie, se plient en Z, la partie supérieure se règle rapidement (entre 105-125cm) et ils ne pèsent que 365g les deux ensembles.

Première utilisation ce matin, c’est vraiment un grand plus et ça complète parfaitement mon équipement. Je les aime déjà. Je n’ai eu aucun problème pour m’y habituer, c’est vrais que j’ai déjà fait du ski de fond et des raquettes, il fallait juste trouver la bonne hauteur et de ne pas oublier de mette le bâton de droite à droite.

Je craignais un peu l’attitude de Héra, mais après quelques kilomètres, elle se comporte comme d’habitude : sur chemin étroit elle recule et passe derrière entre mes jambes et au bout d’un moment revient devant en me frôlant en passant à 1 cm des bâtons.

Par contre instinctivement, dès que le chemin redevient plat, je ne les utilisent plus, je l’ai remarqué quand j’ai vu que je les portais ensemble de la main gauche.

Pour la descente, je n’ai pas pu encore les tester.

Voilà, aujourd’hui nous avons marché 24km, mais c’était très dur, il fait lourd et les montées étaient raides. Je pense que la fatigue du premier jour n’a pas aidé.

Par contre la région est superbe, on est dans le Parc des Barronies.

Donc ce soir, premier bivouac de la Promenade 2, je me réjouis, le seul petit problème c’est que nous n’avons plus beaucoup d’eau, le temps lourd et chaud et les montées ont eu raison de notre réserve d’eau, il ne nous reste plus qu’1 litre et ça doit tenir jusqu’à demain 10:00, il faudra économiser.

Ah oui! Autre petit changement, j’ai un nouveau chapeau, c’est un véritable Stetson en coton ciré, chapeau acheté à Étretat, ce jour-là il pleuvait fort, lors de nos dernières vacances en Normandie.

Premier bivouac

On est au milieu des Baronnies, juste à côté du GR 9.

Et 28km au compteur

Jeudi 24 août

Voilà, il est 5 heures, je suis tout propre et rasé de près, j’ai mis du déodorant pour la dernière fois pour les 3 prochaines semaines, car il n’y a pas de déo dans ma trousse de toilette pendant la promenade; Héra supporte très bien mon odeur en tout cas je n’ai jamais eu de réclamation de sa part.

Ma trousse de toilette : un flacon de shampoing, un flacon de gel douche à l’huile d’olives de Nyons, une crème pour tout, un stick spécial crevasse pour les pieds (découvert l’année passée, testé et approuvé), une brosse à cheveux pliable avec un miroir sur le manche … je vois des incrédules, si, si; le miroir je n’en ai pas besoin pour me coiffer (il faut suivre, regardez le texte de hier), mais pour me raser, donc 4 Gilettes jetables, des cotons-tiges (je vous rappelle que je porte des prothèses auditives), un coupe ongle, une brosse à dents et la pâte dentifrice qui va bien avec.

Bon, il fait encore très sombre, nous sommes fin août, mais je connais le début du chemin et je vais quand même me mettre en route.

Héra profite de son « nid » jusqu’à la dernière minute, car, j’en suis certain, elle a déjà tout compris.

Je suis à Le Pègue, premier arrêt, un thé et un verre d’eau.

Le sac est lourd mais je m’y suis vite habitué, et déjà plein de récompenses : un chevreuil entre les ceps de vigne, vision peu habituelle pour moi, un peu plus loin deux lièvres pressés de se cacher et aussi un petit écureuil noir qui nous a surpris les deux en traversant le chemin juste devant nous.

Le point météo, j’ai une chance incroyable pour mon premier jour, le ciel est voilé, il y a du bleu et du gris et j’ai même reçu quelques mourantes gouttes de pluie que j’ai senties sur ma peau mais qui ne se voyaient même pas sur la terre très sèche du chemin.

Encore un lièvre, 3 j’ai atteint le quota pour la semaine.

Je viens d’arriver à Nyons, quel choc, depuis ce matin j’ai croisé peut-être 10 personnes et tout à coup des centaines de gens bariolés, car c’est le jour du marché, ça fait bizarre, une fourmis presque solitaire qui rentre dans sa fourmilière .

Courageusement nous avons fendu la grande foule et nous avons trouvé un petit bistro appelé Tea-Time, la serveuse est anglaise et le thé aussi, exactement ce qu’il fallait.

J’ai rencontré un papillon très petit mais très raffiné aussi.

Alors Grignan-Nyons par des petits chemins c’était génial, des odeurs envoûtantes, des vignes, des oliviers et des lavandes, un dépaysement total, que ça fait du bien de vivre tout ça au rythme de la marche.

Et, si j’ose dire : grosse cerise sur le gâteau, pendant une bonne partie du trajet je voyais le Mont Ventoux qui est le seul objectif fixé avec bien sûr la Méditerranée.

Bon c’est l’heure de la petite leçons, pour ceux qui se fixent des objectifs et aussi ceux qui doivent fixer des objectifs pour les autres (ils se reconnaîtront); c’est très simple : l’objectif doit exister, il doit être atteignable et surtout il doit être visible (pouvoir être appréhendé facilement) ; c’est cette visibilité qui rend l’objectif sexy et atteignable.

Je l’ai compris en voyant le Mont Ventoux, je me réjouis de la suite.

Bon, j’entends ceux qui disent : « il parle trop, il n’est pas assez fatigué » et pourtant je suis bien fatigué et je dois encore aller jusqu’au camping qui est en dehors de la ville, Héra aussi est fatiguée; donc je profite du repos du corps pour fatiguer la tête.

Voilà, je viens de monter la tente, Héra est venue la tester un moment, mais il faisait quand même trop chaud, elle c’est trouvée une petite place à l’ombre.

J’ai tordu 3 sardines, il ne faut pas qu’il y ait une tempête ce soir, même si on sera les deux dedans, on ne pèse pas lourd.

C’est la mi-saison, avantage les prix sont plus bas (17€ et elle m’a prêté une prise européenne pour que je puisse charger mes i-machins), par contre plus de snack-bar 🙁. Comme demain probablement il va y avoir un bivouac, c’était important de manger qqch; donc aller-retour à Nyons; résultat : au lieu de 36 km, on en a fait 41.

Rude première journée de marche, bonne nuit.

Mercredi 23 août

En fait Grignan c’est mon camp de base, ça me permet de m’acclimater, comme cela ce fait dans toutes les grandes expéditions.

Est-ce bien utile ?

C’est indispensable, car il faut du temps pour digérer les : quatre-vingt-dix-neuf; moi qui aime avant tout l’harmonie et la simplicité, devoir utiliser un mot avec quatre chiffres dont seulement le dernier correspond au nombre 99 (nonante-neuf), c’est d’une complexité sidérante.

Et que dire du « déjeuner et dîner »; tout le monde sait que « déjeuner » signifie : arrêter de jeûner = premier repas après la nuit de sommeil (du latin tardif disjejunare, interrompre le jeûne); c’est d’ailleurs utilisé correctement au Canada, en Belgique, en Suisse et aussi en Afrique, mais pas en France, les français arrêtent de jeûner deux fois, une fois le matin (petit-déjeuner) et une deuxième fois à midi (déjeuner). C’est compliqué et pédant, encore une fois la France entière c’est laissée influencée par Paris.

D’où l’importance de deux journées d’acclimatation au « camp de base » de Grignan.

 

Cet après-midi, pour viser la performance, je suis allé chez le coiffeur à Valréas, je me sens tout léger

mais je ne sais toujours pas faire des égoportraits…

promis, demain matin je me rase avant de partir, donc je vous donne rendez-vous vers 5:00

Mardi 22 août

Je suis à Grignan, dans la maison de ma belle-mère, endroit que j’aime beaucoup.

La journée passe très vite, car nous fêtons l’anniversaire de Jean-Claude un vieil ami de ma belle-mère; soyons précis, l’adjectif « vieil » signifie ici : anciens = un ami de longue date et donc « vieil » n’a rien à voir avec le fait que nous fêtions son anniversaire, quoique …, je plaisante. Très belle journée d’amitié et de partage.

(j’ai triché, la photo est automnale)

Lundi 21 août

Départ en voiture pour Grignan avec détour et arrêt à Thonon-les-Bains au magasin le Vieux-Campeur pour compléter mon matos (habits et petit matériel).

Voyage tranquille, pas de circulation; je décide de m’arrêter à Crest, car je suis fatigué de conduire et Héra doit aussi bouger un peu.

Je me laisse tenter par une belle terrasse ombragée et je goûte une tartine (c’est le nom du resto et leur spécialité), j’ai choisi la « Picodon », petites salade plus tartine géante avec tranche de fromage de chèvre et pignons de pin grillés. Miam !
Et pour finir en beauté un café gourmand.

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Jour épilogue 

D’abord merci à tous ceux qui m’ont suivi et aussi ceux qui ont commenté.

En tenant ce blog-carnet-journalier, j’ai essayé de partager tous ces moments rares et beaux que j’ai vécu ces 19 jours de promenade. En partageant, je savais que je n’étais pas seul.

L’idée d’une marche de plusieurs jours reliant deux endroits assez éloignés est née il y a fort longtemps, avant ma majorité même. Je suis heureux d’avoir pu le faire, et encore plus accompagné de ma formidable petite chienne.
Je n’ai défié personne, je ne me suis pas non plus lancer un défi à moi-même. Je me suis juste lancé dans l’aventure de la « Promenade ». 

 
À aucun moment je me suis mis en danger, car je me suis bien préparé, ça fait deux ans que je marche quotidiennement 10 kilomètres par jour, j’ai aussi eu le temps de bien étudier le matériel et les habits et je me suis équipé en conséquence. Héra n’a jamais eu de problèmes aux coussinets et elle a bien sûr suivi le même entraînement.

 
Une des difficultés, c’était de marcher en portant un sac à dos, là je n’ai pas pu m’entraîner, mais 12 kg (y compris 2 litres d’eau) c’est tout à fait faisable, d’ailleurs, les 2-3 premières heures de marche je ne sentais pas son poids.

 
J’avais soucis un peu pour mon dos (c’est mon point faible), mais aucune douleur; le fait de dormir sur du dur et aussi le port d’un sac qui m’obligeait à me tenir droit m’ont bien aidé.

 
On est d’accord, il faut le faire quand même, mais ce n’était pas un exploit, juste profiter d’une opportunité: avoir un mois de temps complètement libre; ce n’est pas rien, car c’était la première fois de ma vie que je disposais d’autant de temps; pour moi, c’est ce luxe qui a été révolutionnaire, et utiliser cette chance pour réaliser ma « Promenade » fut une sacrée bonne idée.

Et maintenant quelques statistiques :

  • 19 jours de promenades
  • 500,46 kilomètres de parcourus 
  • 26,34 kilomètres effectués en moyenne par jour
  • 2 journées de repos
  • 3 nuits à l’hôtel
  • 3 bivouacs
  • 2 lièvres aperçu 
  • 63 litres d’eau bues 
  • 12 coupes de glace
  • 214 visiteurs sur mon blog
  • 1 chienne

Jour 19

Lever 4:30 et départ 5:00; j’avais préparé une partie des affaires hier soir et j’avais aussi rempli les gourdes.

Petite anecdote du matin: comme d’habitude, je fais un tas avec toute les affaires, je remplis le sac et en dernier je passe au sanitaires, pendant ce temps Héra est à côté du sac et monte la garde. J’ai fais la même chose ce matin et en sortant des sanitaires ( en-dehors du bâtiment) il y avait Héra qui m’attendait.

D’abord, hier elle s’était directement mise dans la tente, donc elle ne connaissait pas le chemin pour les sanitaires, et qu’est-ce qui l’a fait quitter son poste?

 Je suis content qu’elle a réussi à me trouver au flair, car les quelques tests que nous avions fait n’ont jamais fonctionnés et en arrivant à notre place, je remarque que le lampadaire de service qui était allumé quand je suis parti était éteint, je suppose que c’est ça qui la fait prendre l’initiative de me retrouver.
Au fait, si on est parti si tôt c’est pour éviter au maximum les fortes chaleurs à Héra, car hier c’était difficile pour elle la fin.

On commence la journée par une rude montée, car j’ai choisi de passer par les hauts pour éviter la route.

Par contre le chemin est très beau et on peut admirer les changements de couleurs dus au lever du jour.Plus loin, il y a un beau champ de lavande, il y a des milliers d’abeilles on les entend même.


Ah oui, c’est la dernière étape, on va direction Grignan et d’ailleurs, après un petit col, on voit pour la première fois le château de Grignan, magnifique panorama.

Cette trouée qui permet cette magnifique vue est le résultat du passage d’un oléoduc, c’est un chemin agréable et très direct. 
Plus loin, des chevaux magnifiques paissent l’herbe qui pousse sur la trouée 


Plus loin une autre rencontre furtive et sympathique 


Ça fait 3:30 que l’on marche sans arrêt, une pause s’impose et après en avant pour les derniers kilomètres, là on en a déjà fait 17. 
On s’approche de la maison de ma belle-mère par un chemin que Héra connaît normalement, je la laisse aller devant et, en effet, elle se dirige de suite vers la bonne maison.
Il est 10:15, quand on est devant la maison et on a parcouru 24 kilomètres aujourd’hui.
En tout ça nous fait 500 kilomètres de magnifique promenade.

Après les retrouvailles et un repas sympa, je range un peu mes affaires, je prépare les habits pour une lessive, je remonte la tente pour la sécher comme il faut, 2-3 douches et sieste.

Je vais encore écrire demain une sorte d’épilogue.

Jour 18

Très bonne nuit, réveil 5:30 départ 6:30, un ciel complètement dégagé mais toujours du mistral et il fait assez froid.

On prend très vite de l’altitude, un petit sentier dans la forêt et on se retrouve face à un château tout refait, tout beau. Ensuite on empreinte une petite route et sur quelques kilomètres on doit longer une départementale, je remarque des gens qui installent des tables avec drapeaux français !tilt! Le tour de France, je discute avec les gens, en ayant préalablement refusé une tasse de café, ils m’expliquent que d’ici une heure il y aura le début de la caravane du Tours. On se dépêche de continuer notre chemin et quelques minutes après on entend les hauts parleurs de la caravane.

Devant nous un joli chemin : le chemin des sources, on s’engage et on fait une petite halte, car il y a une belle montée devant nous.

Marcher ne m’empêche pas d’observer et même de m’arrêter 

On a déjà fait 14 km, ça fait presque du 5 km/h.

Après l’escalade, nous redescendons et nous arrivons juste à côté des:

Ben voilà, on est coincé à cause du Tours, impossible de passer et je n’ai pas de variante B.

En direct du Tours, tous les cyclistes ont passés ensembles dans une explosion de couleurs, ah, pardon on me signale un coureur en rouge qui est un peu en retard … voilà il est passé devant moi bien décidé à rattraper les autres, je pense qu’il a dû s’arrêter pour pisser; c’était en direct du Tours.

Bon la voie se dégage, je fais un petit détour pour éviter les routes et nous voilà repartis. Malgré le Mistral il fait très chaud et je dois ménager Héra.

Nous sommes arrivés à Charols, une petite terrasse bien ombragée nous accueille : pause café + limonade + thé + glace.

Les yeux se promènent aussi et je découvre une version plus Drômeprovençalesque des musiciens de Brême 

Encore une étape et nous sommes arrivés à la Bégude-de-Mazenc, installés au camping municipal qui est super et l’accueil est à la hauteur.

J’ai été me doucher, au retour, Héra dormait déjà dans la tente, faut dire qu’elle a 37 kilomètres dans les pattes.

Jour 17

Brrrrrr, la nuit fut froide, mais on était préparé  


et ça c’est bien passé. Au milieu de la nuit, Héra grogne et se dresse sur ces pattes et aboye assez fort, j’entends des bruits de pattes qui s’éloigne. 

Héra est mon héroïne, elle c’est dressée entre le terrible loup et moi; bon, le sol était trop caillouteux pour que je puisse voir des traces. C’était peut-être pire qu’un loup.

Donc réveil à 5:15 et départ à 6:00 la première partie du chemin est très agréable, on a changé de décor, des petits chêne, des pins nains, des genièvres, une forte odeur de thym, le chemin monte pas mal, Héra est en grande forme, elle ouvre le chemin, je n’ai plus qu’à suivre son panache blanc.On passe à côté des ruines d’un château (Cornillan) et la vue est superbe. La suite du chemin se fait sur une petite route et après un chemin carrossable. On est passé aussi à côté d’une truffière.


On a déjà fait 15 km, on se rapproche de Crest.

On est sur une terrasse à Crest, miam.


Faut dire qu’à part quelques cacahuètes salées ça fait 24 heures que je n’ai rien mangé.

Je suis content car Liesbeth et Alain (belle-sœur et beau-frère) vont à Grignan ce soir et ils font un petit détour pour me rencontrer, je me réjoui beaucoup.

Les campings se suivent et se ressemblent


Il y a la tente verte, du linges qui essaye de sécher et bien sûr Héra qui dort.

À propos de linge, l’eau de la lessive, terrible, mais sa sèche malgré les nuages. Drôle de temps, on supporte un pull. J’ai été faire les réserves : boîtes pour Héra et sticks à grignoter et cajous et cacahuètes salées pour moi. On est prêt pour la dernière étape.

Donc repas avec Liesbeth et Alain, c’était très bon et très sympa ; je crois que j’ai plus parlé en une soirée que tout les autres jours ensemble, ça m’a fait du bien d’être bavard. 

Maintenant au lit, Héra court vers la tente, j’ai à peine ouvert la toile qu’elle se précipite et se positionne sur mon sac de couchage prête à dormir. C’est vrai que l’on est beaucoup plus tard que d’habitude, va falloir dormir vite pour rattraper.

Jour 16

Super nuit, enfin après les feux d’artifice, ça sonnait fort, car ma fenêtre donnait côté cours et ça résonnait beaucoup, Héra n’était pas rassurée du tout.

Réveil vers 6:30, refaire le sac, car j’avais tout sorti, y compris la tente, pour que ça sèche bien. Sortie avec Héra et bon déjeuner ; on remet le sac sur le dos et direction la gare routière pour prendre le bus qui nous amène à la gare TGV, lieu idéal perdu en pleine campagne.

Faut que je vous parle du bus, dossier réglable, WiFi dans le bus, air climatisé bien sûr et des prises USB pour recharger les iBidules. D’abord il s’arrête à tous les arrêts en ville, puis autoroute en tout ~1/2 heure de trajet et tout ça pour 1.20 !

En étudiant bien différentes solutions, comme il n’y a quasi pas de bus (14 juillet oblige), j’ai choisi l’option gare TGV, je pensais y aller en train (j’aurais gagné une heure sur le bus), mais il faut un sac ou un box pour transporter un chien en train en France, même les petits chiens.

Nous voilà débarqués à la gare vers 10:00, c’est un dédale de routes sans oublier le train, j’étudie bien la carte pour trouver une sortie et nous voilà sur des petites routes de campagne sans aucune circulation, ouf ! Je remarque que je marche vite comme si je voulais mettre une grande distance avec ce type de « civilisation ».

Il y a un mistral à décoiffer… en tout cas pas moi, je n’ai rien à décoiffer, mais je dois enfoncer mon chapeau pour ne pas qu’il s’envole et les oreilles de Héra vont dans tous les sens; j’ai dû enfiler ma veste, car il y a aussi quelques nuages.


Tout au long du chemin, par 4 fois nous devons affronter nos ennemis : les arroseurs géants. Après avoir bien observé et fait quelques calculs savants, nous courons sur 30 mètres pour essayer de rester sec, la première fois Héra n’avait pas compris pourquoi je courrais, elle sait faite aspergée proprement, les autres fois elle courait plus vite que moi.

Vers midi nous arrivons à Montélier, arrêt au Resto et menu du jour comme d’habitude.  

Je pense qu’il va y avoir un orage ce soir, une hirondelle vient presque de me passer entre les jambes.

Arrivé à Chabeuil, les deux campings sont complets, un c’était un petit camping à la ferme et l’autre un immense. 


Alors on continue et on verra, j’ai des fruits sec et Héra a deux portions de nourriture, plus assez d’eau, on ne craint rien … sauf l’orage qui arrive et qu’on entend déjà gronder au loin; l’épicentre doit justement être du côté de Chabeuil.


Au moment où j’écris, nous sommes sous les buissons d’une haie, un peu à couvert, car on a quand même les bords de l’orage, on attend qu’il passe. J’ai quand même enfilé mes protections contre la pluie.

J’ai bien fait, car l’orage tourne et nous subissons aussi les grandes eaux, Héra sait toujours se placer.


Heureusement, 3/4 d’heure plus tard ça se calme et on peut continuer notre chemin, l’objectif est d’atteindre le chemin du GR  et de trouver une petite place pour notre tente, il nous faut 2 mètres sur 1 de plat. On trouve l’endroit qui convient près d’une baraque en ruine et avec une vue plongeante sur la plaine.

Il y a même un peu de soleil pour sécher les affaires de pluie.

Dès que la tente est montée Héra prend vite la meilleure place.


Nous avons bien mérité notre nuit, nous avons parcouru 27 km aujourd’hui, on est entre Barcelonne (oui avec 2 nn) et la Baume-Cornillane, près de Montvendre.

Jour 15

Nuit spéciale avec concert de batraciens, ça doit être infernal au printemps.

Réveil à 5:15 et départ à 6:15, il ne pleut pas mais le ciel est encore tout gris et il ne fait pas chaud, mais dès qu’on marche ça va très bien.

Épisode de la canne:

Je finissais de remplir mon sac, quand j’entends Héra gronder, je lève la tête et au milieu de l’allée principale du camping une canne marche dans notre direction en cancanant à droite et en nasillant à gauche, et je l’entendais très bien, c’est vous dire si elle avait de la voix.

Je calme Héra et ensemble on regarde, le spectacle est loin d’être terminé à voir la détermination de la démarche de la canne. En effet, sans se soucier de nous, elle passe à 1 mètre sans hésitation dans la mélodie. On la regarde passer, je crois qu’on était les deux complètement ébahis; moi avec mon geste stoppé et Héra oubliant tout à fait d’aboyer. On est resté encore un moment et on entendait le son qui s’éloignait.

Mais qui cherchait-elle ? Que voulait-elle nous dire ? Cette canne et sa quête resterons un mystère.


Le ciel se découvre un peu et je vois 2 soleils


Nous zigzaguons un peu pour éviter les grosses départementales et grâce aux rayons du soleil, par moment c’est comme si nous traversions une fabrique de parfum, là ça sent le thym, là la boulangerie (nous longeons un champ de blé), plus loin d’autres odeurs parfois plus âcres; un vrai festival.

Ça fait 20 km que l’on marche et nous faisons une pause sur un banc à St-Mamans, j’ai mis ma veste, car le soleil a vraiment de la peine à percer.

Nous continuons nos chemins de traverse, parfois j’ai l’impression de recevoir des gouttes sur l’épaule gauche et le soleil sur l’épaule droite, ça change tout le temps mais ça reste menaçant.

Nous arrivons à Chatuzangue-le-Goubet, j’avais choisi cette destination car c’était une grande agglomération sans être trop grande, mais je déchante vite, il y a une église et quelques vieilles maison autour et tout le reste ce sont des villas et des constructions assez neuves, il y a un centre ville, mais c’est « stérile », je trouve un bar PMU ouvert, je commande une boisson et je commence mes recherches (il est 13:30), sur place rien, pas de gîte, pas d’hôtel, pas de B and B, pas de camping, je cherche un cercle plus grand, je fais une dizaine de téléphone, paraît que tout est occupé, c’est la malédiction de la veille du 14 juillet.

Je voulais éviter d’aller dans une grande agglomération, mais j’ai trouvé une chambre d’hôtel à Romans-sur-Isère, on se met en route, quelques kilomètres plus loin, nous pénétrons en ville; j’appelle un taxi et les derniers kilomètres on se paye le luxe de les faire en taxi, car il y a une circulation de fou et c’est pas agréable de marcher au bord des routes; Héra est toute contente, c’est une première pour elle. 

On s’installe dans la chambre, c’est à dire que je pends des trucs un peu partout, je me rase, je me lave 3 fois, tout ça pendant que Héra pique son petit roupillon de fin de journée.

On a quand même fait 28 km, mais on a tourné en rond, on a vu des coins magnifiques, mais on ne sait pas rapproché de Grignan.

J’imaginais que la region Valence-Romans était un passage difficile, et aussi que le 13 et 14 juillet allaient être délicat, mais les deux ensemble c’est catastrophique. Je vais bien chercher et trouver une solution pour sortir de ce passage compliqué ( mais demain c’est 14 juillet et je trouve la région trop risquée pour bivouaquer.

Mais maintenant, se remplir la panse il le faut.

Jour 14

Une dizaine d’éclairs et autant de coups de tonnerres, une bonne pluie au milieu de la nuit. Lever 5:00, il pleut, je me recouche, il pleuvine toujours, lever 6:30 j’emballe le tout et départ à 7:30, il pleut de plus en plus ; la pluie n’est pas agréable mais elle n’empêche pas de marcher. 
Vu le temps je choisis la voie la plus directe, nous devons longer pas mal la départementale, mais il n’y a pas trop de circulation.

Héra n’aime pas trop la pluie, quand on passe devant une maison elle se met devant la porte, comme pour dire : « voilà on y est « , mais voyant mon inflexibilité, elle se fait vite une raison et même elle se ballade en reniflant de gauche à droite et de temps en temps elle s’ébroue et continue, ma chienne est étanche.

Bon, pour les photos il faudra attendre une éclaircie. Heureusement, mes habits sont dans des sacs très légers et étanches et mon sac à dos est pourvu d’une housse en cas de pluie, même mon téléphone a droit à son étuis étanche, absolument nécessaire, car, je vous le rappelle, je consulte les cartes sur son écran. Tout ce matériel que je transportais et que je n’utilisais pas.

Vous savez-quoi, je suis très content de mon matériel, mais malgré ça, s’il pleut 3 jours de suite, ça va être compliqué, on verra.

Je vais encore vous parlez de Héra, ben c’est normal, c’est ma coéquipière dans cette aventure; j’ai encore un service logistique avec ravitaillement si nécessaire en la personne de ma grande femme (elle est plus grande que moi !) adorée Marianne et une équipe qui prépare déjà mon arrivée, Mieke s’active peut-être déjà pour préparer la soupe et Monique me suis minutes par minutes.

Dès que le chemin le permet, je laisse Héra libre, généralement elle me précède de quelques mètres en reniflant tout ce qu’elle peut, elle revient parfois en arrière, comme si elle avait raté quelque chose. Mais dès qu’il y a un croisement ou un départ de chemin, elle m’attends, car c’est moi qui indique le chemin.

Sur des petites routes peu fréquentées, je la laisse libre aussi, mais dès qu’elle entend  le bruit d’une voiture, donc bien avant  moi, elle revient en arrière et se met à mes pieds, car on s’arrête pour laisser passer la voiture, et ça fonctionne très bien.

Voilà nous sommes installés dans une crêperie très sympa, Héra sur son petit carré de toile (c’est un de ces petits linges très absorbant) et moi qui attends mon thé chaud.

J’adore le hasard, dernièrement j’ai entendu parlé d’un peintre que je ne connaissais pas (faut dire qu’ils sont très nombreux ceux que je ne connais pas 😉 ), il s’agit de Gustave Caillebotte et de sa toile nommée : les raboteurs de parquet, j’avais très envie de la voir, et bien une copie est exposé à ma gauche dans cette crêperie et je l’aime beaucoup.

J’ai trouvé l’image, l’original doit se trouver dans un musée en Hollande 

Bon, il pleut toujours, la tente est montée, Héra roupille à côté de moi, on a fait 12 km, mais on n’en fera pas plus aujourd’hui.

J’espère qu’il y aura du soleil demain pour faire sécher tout ça.

Ah oui, on est à St-Nazaire en Royans, mais on est dans la Drôme, le passage c’est fait ce matin.

Une éclaircie, vite essayer de sécher quelques affaires, ça ne va pas durer.

Jour 13

Bonjour, lever à 5:00, départ à 6:00,c’est la grande forme après une bonne nuit, quoique un peu chaude et toujours pas de rosée.

Avant de continuer, je me dois de corriger un impair, souvenez-vous, jour 11 j’ai écris : « …passer par les monts (c’est pas assez haut pour les appeler montagnes) », après les avoir pratiqués ce matin, elles méritent qu’on les appelle montagnes. Je m’excuse auprès d’elles.
Ce matin c’était une montée style Sierre-Zinal jusqu’à Ponchette, sans ravitaillement et avec un sac de 12 kg. En fait il y avait un super ravitaillement pour Héra.La pause est amplement méritée.

Nous avons déjà parcouru 17 km dont 15 de montée.

Héra se promenait à côté de moi, car elle a son centre de gravité si près du sol que montée ou pas ça ne change rien. Donc elle m’attendait souvent.

Par contre la vue est superbe, malheureusement la lumière, trop uniforme ne permet pas de faire de belles photos.

Nous arrivons à 12:30 à Pont-en-Royans, et une terrasse de restaurant apparaît devant-nous, miam! Je commande le menu du jour sans savoir ce qu’il y a. C’était délicieux : une immense salade avec oeufs, mesclun, tomates et même des lentilles, ensuite filet de truite saumonée avec haricots verts et comme dessert une faisselle de fromage blanc avec de la crème, j’adore. Héra avait spontanément reçu un grand bol d’eau et ensuite elle c’est installée sous la table pour dormir.

Le ciel se couvre et passe du blanc au gris, il faut encore trouver le camping et monter la tente. Il y a des petites gouttes, je bats le record de vitesse, tout est rangé et … il arrête de pleuvoir, mais ça menace toujours, j’ai bien enfoncé les sardines, la tente est prête pour la tempête. Malgré la couverture nuageuse, c’est à nouveau un coup de chalumeau.

En tout 23 km (28 kilomètres avec les voyages aller-retour au village depuis le camping), mais les plus exigeants physiquement depuis le début.

Bon, après  une bonne douche, on va retourner au village faire quelques achats.

Juste au moment où on arrive au camping, il se remet à pleuvoir, ça dure 15 mn et après le soleil revient et tape très fort, on est au hammam, c’est les tropiques, Héra ne bouge plus, pour elle la nuit a commencé.

Jour 12

Superbe nuit, bien qu’un peu acrobatique, car le terrain était en pente, mais j’avais ramassé du foin qui était resté sur place et j’avais fait un remblai. Mais plus la nuit avançait plus le foin se tassait et je glissais toujours un peu plus.

Réveil vers 6:00 avec un magnifique soleil juste en face, pas d’autres bruits que ceux de la nature et je constate que la tente est sèche, il n’y a pas eu de rosée, il va faire très chaud aujourd’hui.

Départ à 7:00 direction St-Marcellin, le chemin est très beau et nous sommes sur des petits chemin presque jusqu’en ville, nous y arrivons vers 10:00 après 15 km de marche. 


Maintenant c’est repos sur une terrasse sur la place principale où il y a une sorte de vide-grenier.


Voilà, nous sommes enfin arrivé à notre camping, c’est 7 km de plus en plein midi, heureusement les 4/5 du temps nous étions à l’ombre et une partie dans une vallée encaissée avec une rivière et même l’air semblait fraîche. On est quand même content d’être arrivé car il fait chaud.

Bon au boulot:

  1. Donner à boire et à manger à Héra 
  2. Monter la tente
  3. Gonfler le matelas
  4. Gonfler le coussin 
  5. Étaler le sac de couchage
  6. Tout installer dans la tente
  7. Se doucher
  8. Faire une lessive
  9. Pendre la lessive
  10. Trouver une terrasse et une monstrueuse coupe glacée 

C’est juste le quotidien après 22 km de marche comme aujourd’hui, mais j’ai au moins 3 heures pour tout faire, ça va plus vite car je veux ma glace. 


C’est un super petit et beau camping (camping du Château) il est juste à côté d’une ruine, tout est parfait sauf qu’il n’y a pas de resto et c’est foutu pour ma glace, il faut que je me renseigne pour un resto pas loin pour le souper.

Ouffff ! Juste à côté, dans le cadre des ruines il y a un bistrot avec des glaces. Malheureusement, la partie restaurant n’ouvre que pour le repas de midi, donc ce soir fruits secs.

Au fait je suis à Beauvoir-en-Royan.

Jour 11

J’ai très bien dormi, je suis tout propre, pédicuré et même rasé.

Déjeuner à 8:00 seulement, samedi oblige, donc départ à 9:00.

Suite à l’expérience de hier, j’ai pris la décision de passer par les monts (c’est pas assez haut pour les appeler montagnes), ça va probablement me prendre 2, 3 ou 4 jours de plus, mais au moins la promenade sera belle; c’est déjà le cas ce matin, nous rejoignons le GR et nous sommes en pleine campagne sur des vrais chemins pour marcheurs. 

Le Chemin t’oblige à faire des choix, et j’ai fait le bon choix pour Héra et pour moi.

J’ai rencontré une vieille dame qui sortait du poulailler avec son vieux panier en osier, j’ai compté il y avait 3 oeufs dedans; elle m’a dit que là c’était les vielles poules, elles donnaient encore 2 à 3 oeufs par jour, mais elle avait déjà 5 poulettes qui lui donnaient 5 oeufs par jour, mais faut pas les mélanger sinon elles se battent. Elle m’a aussi parlé de sa fille …. et de son mari qui était mort …. C’était sympa.

Voilà on a rejoins le GR et au milieu de rien, à part deux routes qui se croisent : le Col de la Croix de Toutes Aures ; il y a une maison avec une petite terrasse avec une table et 2 chaises et un écriteau « ouvert ». On entre dans un improbable petit bistrot, 7 tables en bois avec les chaises qui vont bien ensemble, pas de comptoir, mais une porte qui donne directement sur la cuisine. En fait c’est aussi la cuisine privé du couple qui habite la maison, le café c’est comme une annexe à la maison d’habitation; j’adore c’est super accueillant.

Je commande un thé et un verre d’eau, je reçois une théière avec 5 dl de thé avec 4 sucres et un cruchon d’eau fraîche de la même contenance et tout ça 1 euro 10, bien sûr Héra reçoit aussi son bol d’eau. Ce fut une pause très sereine, Héra a adoré les carrelages frais, elle a piqué son petit roupillon très réparateur. 

Nous repartons bien reposé. Nous arrivons sur un sommet un peu dégagé, il y a une superbe vue et une table panoramique.


Le soleil tape à nouveau très fort, heureusement les 3/4 du chemin sont à l’ombre des arbres.

Nous nous arrêtons pour se partager le sandwich, au salami aujourd’hui, et pour se reposer. Nous avons déjà parcouru 19 km.

Après 25 km , je trouve une belle clairière et je monte la tente. Ça sera une nuit sous tente en pleine nature, je me réjouis déjà du réveil.

Jour 10

Lever à 5:00 départ à 6:00, il fait bon le soleil se lève doucement, nous avons un mont à gravir et de l’autre côté la région de l’Isère, magnifique !

Ensuite une descente terrible et vers 10:00 nous nous reposons sur la terrasse d’un café à le Grand-Lemps (j’ai corrigé merci ma femme adorée).

C’est assez rare pour le signaler, nous avons rencontré un marcheur, à peu près le même profil que moi. On a discuté un moment ensemble, c’est un malin, il va à Rome, c’est une destination facile à atteindre.


Un petit aparté : je salue tous les résidants de Toucana, les parents et proches et mes anciens collègues, car c’est leur fête de l’été et en plus pour certains aussi leur anniversaire. Je vous souhaite un bon appétit et une très belle soirée.

pas facile de faire un egoportrait
 
Je vous signale aussi un nouveau menu :

topo

On a trouvé un joli coin à côté d’un ruisseau pour pique-niquer. Au menu : jambon-beurre (ça va devenir un classique) mais celui-là avec en plus du fromage, miam !

On se repose en regardant les libellules.

Étape ou trop courte, ou trop longue, comme on est en forme ça sera la version longue, mais pour cela nous multiplions les longues pauses l’après-midi car aujourd’hui le soleil tape fort.

L’idée c’est de dormir dans un hôtel à côté de l’aéroport de Grenoble-Isère (je précise c’est un aéroport style la Blécherette)

Voilà après 33 kilomètres, nous sommes arrivés à notre petit hôtel sympa, ablutions, lavage, nourrir Héra, lui chanter une berceuse…. pas besoin elle dort déjà; aujourd’hui je l’ai portée 2 km, il faisait terriblement chaud et lourd, quand on s’est approché des habitations, elle s’est tordue pour que je la dépose parterre, Madame a sa fierté.

Là, je choisis ce que je vais manger dans le restaurant à côté.

Jour 9

Comme prévu: jour de repos, c’est le soleil sur la tente et l’augmentation soudaine de la température qui nous a fait sortir de notre abri. 

En route pour le village, objectifs: trouver une terrasse sympathique et boire un bon thé et , vous me connaissez, trouver une boulangerie et choisir un bon truc doux à manger. Aucune crainte des calories, j’en brûle énormément.

Grande lessive, je suis obligé de rester en caleçon de bain (j’ai d’ailleurs été tester la piscine, ça m’a fait du bien) tout le reste sèche. 

J’en ai profité pour compléter le menu:

https://heraphilo.com/le-materiel/

Au fait, si vous avez des questions, n’hésitez pas à me les poser soit en commentaire, soit sur mon adresse mail.

Jour 8

Dans les bonnes histoires il y a Milou, Idéfix, Rantanplan, etc. Dans la mienne il y a Héra, alors parlons un peu d’elle.

Comme d’habitude je range le matériel et déplie la tente dès mon réveil, j’aligne les différents sacs et Héra se place systématiquement juste à côté en position assise torse bien bombé, en fait elle garde le matériel; inutile de vous dire qu’à l’heure où ça se passe, il n’y a pas encore un seul campeur qui bouge, ce qui ne l’empêche pas de prendre son rôle très au sérieux. 

Ensuite je remplis mon sac à dos, en une semaine je suis devenu un expert, chaque chose à sa place suivant une disponibilité éventuel. Quand tout est dans le sac, Héra commence à s’agiter, elle sautille autour de moi, et si je mets trop de temps à enfiler mon sac, elle peut même aboyer un petit peu, ensuite je commence à marcher, elle part en courant, un vrai sprint, puis revient vers moi aussi vite et c’est parti pour une journée.

Si le chemin le permet, je la laisse aller, elle est presque toujours un peu devant, sauf s’il y a des chiens qui aboient ou quand il y a des vaches et si l’herbe est trop haute.​
Super soleil, ça chauffe un peu, j’aime ça mais je transpire quand même, il n’y a pas de platane le long de ce chemin. J’observe Héra et je la trouve plutôt en bonne forme, elle qui au soleil traîne un peu la patte, j’ai même l’impression qu’elle se fout un peu de moi .

En fait elle a bien moins chaud que moi, car elle marche à l’ombre … des champs de blé. Décidément, elle sait très bien utiliser les avantages de sa petite taille, d’ailleurs qui c’est qui porte son eau et ça nourriture ?

Voilà nous sommes arrivés à Les Abrets, nous allons nous accorder une bonne pause. On a déjà fait 15 km.

 
Pause de « midi », on se partage un magnifique jambon-beurre, déjà 23 km, toujours du soleil avec quelques nuages qui passent et qui nous font de l’ombre , en plus il y a un peu de vent et c’est très agréable .

Je remarque que je n’ai pas encore pris une seule photo aujourd’hui, mais la photo n’est pas le but du voyage et pour des questions de poid j’ai dû renoncer à mon Reflex, j’utilise un petit mais excellent Compact.

Bon, on va continuer, il faut que l’on trouve de l’eau, élément primordial pour le randonneur.

Voilà on est arrivé au bord du lac Paladru tout près de Charavines dans un joli camping, on a fait 34 km, je crois que demain ça sera journée de repos.

Jour 7

Voilà le ravitaillement est fait, merci à ma ravitailleuse adorée ; mon sac est un peu plus léger, les organismes sont reposés et propres, les objets électroniques sont chargés et Héra … elle est comme d’habitude drôle et prête à me suivre, direction le sud.

Que je suis heureux de m’être allégé, car aujourd’hui c’est une superbe étape de montagne; quelques kilos de moins (j’ai eu la confirmation : 2 kilogrammes) et j’ai vraiment l’impression d’une grande différence, j’ai maintenant le poid idéal pour moi.

Héra a compris, dès que l’on fait une halte, elle s’installe et se repose même pour un court instant.


J’adore cette étape, de temps en temps il y a des balcons avec une superbe vue et le cadeau du jour: j’ai vu 2 martres qui couraient devant sur le chemin.

L’étape était loin d’être terminée, en tout 32 km pour rejoindre Saint Genix sur Guiers ; heureusement le ciel était légèrement voilé et nous étions un peu à l’ombre, sauf pour les derniers kilomètres, bien sûr sur une route, ça tapait fort.
Dernière surprise : une perdrix (dixit Marianne) pas trop farouche:


Bon, il faut encore aller au camping et monter la tente

Nous voilà au camping, la tente est montée, Héra est venu vérifier si son linge est bien posé; douche, petite lessive, et départ le bistro du camping.

Ce soir au menu pour moi : une salade de thon version adulte-plat principal et des spaghettis bolonaise (les tenanciers du camping et aussi cuistots sont un couple d’holandais mais qui sont depuis très longtemps en France).

Jour 6

Alors on applique la méthode « grosse chaleur », je plie tout et je charge le sac, départ un peu avant sept heures. 
Le soleil se lève, mais il fait un peu frisquet; ça convient très bien à Héra, elle court devant, renifle à droite et à gauche, revient vers moi et à la montée le long d’une route elle est devant et tire sur la laisse, elle est étonnante; la seule chose qui la freine c’est la chaleur.


Aujourd’hui, à nouveau une étape courte, je vous ai dit : c’est une promenade, ce n’est pas une performance. C’est souvent les questions que l’on me pose : Tu vas jusqu’où ? Tu fais des étapes de combien de kilomètres ? Tu penses arriver quand ?

Réponses : je vais en direction de Grignan, car c’est là qu’habite ma belle-mère et c’est sympa d’avoir un point de chute, en plus j’adore ma belle-mère et aussi la maison où elle règne. Je n’ai prévu aucune étape à l’avance, je planifie en gros (sauf exception) juste le soir avant; il y a déjà eu des étapes à 30 kilomètres et d’autres à 10 kilomètres et aussi des jours de repos. Je n’ai pas fixé de date d’arrivée, la prochaine échéance c’est le 1 août car je serai, pour la vingt-cinquième fois, fidèle au poste samaritain de Rock’Oz Arènes; si je ne suis pas arrivé encore à Grignan, et bien je rentre, et après Rock’Oz je repars depuis la dernière étape, cest ça la liberté.

C’est quand même une journée spéciale, une de celle prévue depuis hier matin déjà, car c’est jour de ravitaillement, en effet, Marianne vient me rejoindre après le boulot à Yenne, elle à réservé hier un hôtel. J’avais prévu un ravitaillement après environ une semaine, car je n’avais pas testé le matériel, et je veux faire des ajustements, j’avais pris une paire de sandales de marche et un paire de souliers mi-montants, je vais m’alléger et rendre les souliers, j’ai testé sous la pluie, les sandales avec des chaussettes ça va très bien, elle m’amène aussi quelques croquettes pour Héra, un paquet entier c’est trop lourd à porter. Mais je suis très content de mon matériel, je vais une fois le décrire avec plus de précisions mais ça sera dans le menu : 

https://heraphilo.com/le-materiel/
La ballade était superbe, héron, aigrettes et même un lièvre, voir un lièvre ça ne m’est pas arrivé souvent.


 J’arrive assez vite à Yenne, je peux disposer de la chambre de suite et hop, pendant que Héra dort, Douche, avec un D majuscule, crème, laver un pull, trier les affaires que j’abandonne et faire sécher la tente; maintenant nous partons à la découverte de la ville, paraît qu’il y a un glacier avec que des glaces maisons, miam! Mince, le glacier est fermé le lundi, heureusement que je dors sur place.

J’en profite pour aller chez le coiffeur, je veux alléger un maximum 😉

Jour 5

Très bonne nuit, hier soir la tente était sèche, malheureusement ce matin elle est à nouveau trempé et seulement à cause de la rosée, il faut dire qu’après la journée de pluie il y a de l’humidité en réserve. Par contre un ciel magnifique, pas un seul nuage. J’en profite pour aller jusqu’au village et acheter un croissant, il ne faut pas perdre les bonnes habitudes. Il y a une très belle lumière


Je pense que nous allons faire une petite étape, pour pouvoir profiter du soleil et de la région, mais on verra sur la route, en tout cas les gourdes sont pleines.

Voilà nous avons trouvé un joli camping au bord d’un petit lac; nous avons fait 13 km, comme il fait très chaud ça suffit pour aujourd’hui

Je peux sécher comme il faut la tente et aussi certaines affaires et même faire une petite lessive.

Nous profitons bien sûr de faire trempette dans le lac et nous nous requinquons avec la chaleur, nous évitons le soleil, on va en avoir assez ces prochains jours.

Comme cette fois il semble que le soleil et le chaud s’installe, on va changer de tactique, demain départ à l’aurore, dès que la température monte trop, on s’arrête à l’ombre, et si on est pas arrivé à destination, on se remet en route en fin d’après-midi; j’ai constaté que Héra tient bien la distance, mais souffre vite du chaud.

Jour 4

Comme c’était prévu, orages ce matin et maintenant pluie tenace.

Donc ça va être la journée : je teste le matériel sous la pluie, car le pèlerin ne s’arrête pas s’il a sa pèlerine, c’est peut-être aujourd’hui que je vais regretter de ne pas avoir pris mon ponchos.

Héra qui entend la pluie dehors et qui a très envie de marcher!

Il fait un vrai temps de :

Alors le matériel a tenu le coup, on est un peu humide, mais, heureusement, il fait assez chaud et c’est tout à fait supportable.

On se sèche dans un resto sympa en buvant un bon thé pour moi, Héra est traitée comme une déesse, bien sûr.

Je pense qu’elle ne va pas mourir de soif.

Belle promenade le long du Rhône, il fait gris mais pas de soleil; imaginez un chemin le long d’une rivière avec pleins de marais autour, il fait un peu plus chaud = moustiques, j’en ai compté jusqu’à 18 sur un bras, heureusement je réagis très peu à leurs piqûres, mais j’ai quand même essayé de les chasser en agitant une branche feuillues. Malheureusement, il y a des quantités de Renoués.


Juste avant d’arriver à destination, nous rencontrons un jeune héron 

  Qui ne sait visiblement pas encore voler, j’ai pu vérifier que Héra était très obéissante, elle ne s’est pas précipitée sur l’oiseau.

Nous nous installons au camping municipal de Chanaz , je monte la tente, heureusement elle va pouvoir sécher car il y a un petit air chaud, ensuite douche, j’en ai bien besoin après 25 km de marche.

1 juillet

Je n’ai pas mis comme titre « jour 3 », car ce qui est vraiment important c’est la date, en effet, le 1 juillet est une date charnière dans ma vie, c’est le premier jour de ma nouvelle vie comme retraité (préretraite en réalité, mais ça ne change rien), incroyable et pourtant c’est  génial, en tout cas pour moi, et ce que je suis en train de vivre est une façon extraordinaire de marquer le passage.

Aujourd’hui, c’est journée de repos, il faut que les organismes se refassent, j’en ai autant besoin que Héra. En plus il fait super beau, je crois que je vais même essayer la piscine du camping cet après-midi.

Jour 2

Je suis obligé de plier la tente mouillée, je refais mon sac et ensuite départ, nous suivons le GR 65 (difficile d’y échapper, mais c’est aussi le chemin de Compostelle, il y a des avantages: c’est super bien balisé).

Après un peu plus d’une heure de marche, une dame arrête sa voiture à ma hauteur et me demande si je fais le chemin avec la petite chienne, je lui réponds que oui, mais que je vais vers Grignan après; probablement à cause de mon accent et aussi peut-être grâce aux deux croix suisses que Marianne a collés sur le harnais de Héra, elle me signale qu’elle vient d’amener 3 compatriotes qui font aussi le chemin, elle nous souhaite bonne route et elle repart.

Je rejoins le petit groupe et ensuite nous cheminons ensemble et nous nous présentons, tout à coup une des accompagnantes se retourne vers moi et me dis : Tu es Philippe !

Je suis interloqué, son visage me dit bien quelque chose, mais je suis peu physionomiste, je ne la reconnais  pas, je lui demande qui elle est : Je suis Vérène ! Il me faut quelques secondes pour tout remettre en place dans ma tête, tellement cela me paraît improbable, ensuite nous sautons dans les bras l’un de l’autre et c’est une joie immense.

Cela fait environ 16 ans que nous nous sommes perdus de vue (suite à mon divorce), je ne l’avais pas reconnue, elle m’a dit qu’elle m’a reconnu en voyant mon profil et aussi suite à notre petite séance de présentation. Et le couple qui l’accompagne, nous nous étions aussi rencontrés plusieurs fois.

Il vont jusqu’à Seyssel au bord du Rhône, nous restons ensemble toute la journée, le temps a passé très vite, nous avions tellement de choses à nous dire. Par contre, pour Héra et moi ce fut une journée à 35 kilomètres…

Après une bonne glace sur une terrasse avenante, nous sommes partis chacun de notre côté. Heureusement, il y a un camping juste à côté, donc monter la tente (elle pourra sécher), douche et repas au bistrot, ensuite au lit.

Le départ 

Le départ a été retardé d’un jour, car le lundi soir je me casse une dent en soupant, heureusement mon dentiste m’a pris en urgence le mardi.

Donc mercredi matin, Marianne nous amène (je vais utiliser parfois le « nous », car, bien sûr, ma petite chienne Héra m’accompagne) au Mont et là nous prenons le bus jusqu’à La Riponne ensuite le métro jusqu’à la gare, puis le train jusqu’à Genève et pour finir le tram jusqu’à Carouge, vives les transports publics ; Héra a été géniale, c’est vraiment une chienne passe-partout.

Bon la vraie ‹promenade› commence vraiment, il fait super chaud et ce n’est pas l’idéal pour marcher,surtout que nous sommes souvent à découvert, mais, heureusement, il y a passablement de fontaines et je peux remplir les gourdes pendant que Héra nage et bois en même temps.

Nous avons marché environ 25 km, nous avons traversé plusieurs villages sans rencontrer ni restaurant, ni épicerie, heureusement j’avais un sachet de fruits secs et Héra avait une vraie ration pour chien.

Nous trouvons une belle clairière, je monte la tente et on s’installe pour la nuit, on est crevé. Il y a eu un bel orage pendant la nuit, la tente a très bien tenu le coup, et le matin nous sommes dans la brume.