Épilogue 2

Alors j’écris depuis Grignan, mon « camp de base »; comme déjà dit, j’y suis arrivé dans la nuit du 12 au 13 septembre, vu l’heure d’arrivée, je ne compte pas le 13 comme faisant partie de la ballade.

Les chiffres :

  • 21 jours de ballade.
  • 503 kilomètres parcourus.
  • 1 Héra et 1 Philo au départ, les 2 sont aussi à l’arrivée, mais avec quelques kilos en moins.
  • En moyenne 24 kilomètres par jour, en comptant les jours de repos.
  • Record battu pour la quantité d’eau bue
  • Record égalé seulement, malgré un effort certains vers la fin, du nombre de glaces mangées.

Quelques constatations :

Je suis étonné du nombre de kilomètres, j’avais estimé en faire moins, mais je n’avais pas calculé, ne connaissant bien sûr pas encore l’itinéraire selon mon habitude.

Je savais, par les options prises que cela allait être beaucoup plus technique. En choisissant de passer systématiquement par les montagnes, j’avais augmenté mes capacités en litres d’eau (5 litres), et aussi les réserves de nourriture pour Héra, n’étant pas certain de pouvoir me ravitailler facilement en nourriture pour chien.

Mon sac pesait plus que l’année passée : 17 kilos, mais avec les bâtons de marche en plus cela ne m’a pas posé de problème.

Concernant le matériel, j’ai été totalement satisfait, à aucun moment j’ai eu l’impression que quelque chose me manquait et non plus l’impression d’avoir pris des choses inutiles.

Un seul élément ne m’a pas convenu cette année, c’est le petit panneau solaire rechargeant ma batterie de réserve. Je trouve le rapport poids – rendement pas assez bon. Je dois trouver un panneau beaucoup plus performant sans augmenter son poids, mais ça sera pour l’année prochaine.

Héra :

Avant tout, je me répète peut-être, je trouve ma chienne Héra incroyable, encore cette année elle m’a épaté.

Le chemin était beaucoup plus difficile : les cailloux du Ventoux, les maquis, les pentes, les chemins parfois étroits bordés d’épineux, sans oubliez le Ravin de Véroncle, dans mon récit je parle des deux passages les plus délicats, mais une bonne partie du chemin était extrêmement pentu et difficile, je suis encore étonné comme elle s’est débrouillée, je me demandais comment elle allait faire et en même temps elle me dépassait et m’attendait plus haut.

Ensuite, beaucoup de routes, ce qui demande une grande discipline et on a eu autant de soleil et de chaleur (même si les nuits étaient plus fraîches) que l’année passée. J’ai l’impression que nous avons mieux gérer les chaleurs, plus de pauses à l’ombre, plus d’arrêts pour se désaltérer, on choisissait systématiquement le côté ombré de la route, même si, pour cela, on traversait souvent la route.

Et, chaque matin, son très visible enthousiasme à repartir, malgré sa petite blessure, c’était incroyable.

Notre complicité, et oui, pas besoin de mots, on se comprenait en se regardant.

Ce qui me plait le plus, c’est qu’elle continue à me surprendre et à me faire rire, malgré sa discipline, elle est restée espiègle, l’autre soir, au resto avec Thomas, elle était sous la table, je ne l’avais pas attachée, tout à coup plus de chienne, elle s’était rapprochée dangereusement de la cuisine attirée par les bonnes odeurs, un rappel à suffit bien sûr, mais ça ne l’empêchera pas d’essayer une autre fois.

Faut être honnête, il y a une chose où elle est nulle, c’est pour éviter de s’empêtrer avec sa longe quand on est au bistrot, systématiquement elle passe sous les chaises et reviens par un autre côté et très vite elle est bloquée et attend que je l’aide en essayant de rester le plus digne possible, je l’adore.

Cette petite chienne rigolote est capable de faire des choses incroyables, elle a un physique à toute épreuve, elle est étonnante, c’est un exemple pour moi et je lui dit : merci.

Quelques pensées :

Je suis parti très confiant, j’avais testé et le matériel et moi-même et bien sûr aussi Héra, je savais que ça fonctionnait; c’est toujours plus facile la deuxième fois.L’objectif était de partir de Grignan et d’aller jusqu’à la mer, j’avais choisi de passer par les montagnes car je crains moins les montagnes que les endroits civilisés. Ça doit être dans mes gènes, je suis un montagnard, endurant mais un peu sauvage.De la montagne, j’en ai eu, c’était sublime, grandiose, j’ai adoré.Je me réjouissais de la prochaine étape : la Montagne Ste-Victoire.Et là : Patatras ! C’est sans appel, tous les massifs de la région sont fermés totalement vu le risque d’incendie. Moi, le montagnard, je dois trouver mon chemin dans la plaine et pire dans une régions très habitée et avec beaucoup de routes.L’idée de m’arrêter là m’est passée très rapidement par la tête, mais justement, à propos de tête, je suis têtu et persévérant.Donc, chaque jour je me suis appliqué à trouver le chemin le moins désagréable pour nous les piétons, Héra aussi a dû se discipliner et trouver comment se positionner. Et bien, ça m’a plus, c’était comme un jeu de cache-cache, et j’ai découvert des endroits supers, et l’apothéose, grâce au GR 2013, c’était le dernier jour, la traversée de Marseille par des chemins bizarres, étonnant, géniaux et pourtant très urbains.Vraiment le cheminement m’a plus impressionné que d’être arrivé à la mer. Bon j’étais content, et le vieux port de Marseille et ses vieux quartier, je les ai beaucoup aimés.C’est une super leçon, on prévoit des choses dans la vie, on choisi des directions, on a des préférences et puis on est obligé soudain de faire un virage de 90 degrés. Qu’à cela ne tienne, faut continuer, faut pas changer d’objectif, mais trouver une autre voie pour l’atteindre et surtout y prendre du plaisir.J’en ai vraiment eu du plaisir, jamais je ne me suis senti aussi vivant dans l’instant présent. Pourtant, j’ai aussi eu beaucoup de pensées pour ma femmes, mes enfants, ma mère, ma famille et mes amis, mes proches.C’est peut-être bateau ce que je dis, ça tombe bien j’étais dans un port.Alors merci à vous tous, et n’oubliez pas de Vivre avec un V majuscule.À bientôt

Mercredi 13 septembre

L’aventure continue, je devais partir ce matin vers 8:00, mais Thomas (le conducteur) à un changement de programme et je ne pars que vers 18:00 ce soir, aucune idée pour le moment quand j’arrive à Montélimard.

C’est bien, matinée tranquille au lieu de devoir me lever vers 6:00, on va profiter encore une fois du super beau temps et du vieux port.

Ensuite, on va gentiment se diriger vers le stade vélodrome, c’est là qu’on à rendez-vous.

Petit clin d’œil à ma belle-mère, tu vois c’est juste à côté :

Promenade direction le Pharo en tournant autour du fort St-Nicolas et une grimpée vers notre dame de la Garde.

Je déjeune dans un bistro qui à l’origine s’appelait : le 13 cantons, c’était un Suisse qui l’avait ouvert et la place à côté s’appelle encore Place des Treize Cantons, alors que le bistro s’appelle actuellement : Bar des 13 coins (une sorte de traduction provençale de canton).

Je vais goûter une création qui n’existe pas ailleurs : un Burger froid aux rillettes de sardines et fromage frais aux herbes

J’ai pu laisser mon sac en consigne à l’hôtel, c’est plus facile.

Voilà le sac est sur mon dos et direction le vélodrome.

Voilà, un super soleil, dernière glace, on est juste à côté du vélodrome, c’est immense, je ne sais pas comment on va se trouver. Il faut que je cherche une solution.

On c’est trouvé assez facilement, merci le téléphone; au départ on c’est un peu trompé dans Marseille et avec les bouchons on a perdu beaucoup de temps.

On s’est arrêté, pour manger et c’était délicieux.

Super voyage, livraison à domicile; au salon dans le sac de couchage à 1:12.

Quand même 19 kilomètres dans Marseille.

Mardi 12 septembre

Super bonne nuit. Ce matin Héra ronflait.

Promenade matinale avec Héra au bord du port, un ciel bleu magnifique, mais un vent froid, je supporte mon polaire.

Je n’ai pas pu résister :

Et maintenant on part en visite, d’abord le quartier du Panier.

Superbe, ça monte et ça descend tout le temps, des petites rues aux maisons hautes et compactes.

Et il y a des trouvailles en déco et recyclage

Quand j’ai imaginé ma deuxième Promenade, j’avais l’intention d’arriver dans une petite ville et je me suis dit : surtout pas Marseille ou Toulon.

Et voilà, je suis à Marseille et la pénétration de la ville jusqu’à son cœur était vraiment sympa.

En fait, je suis tout content d’y être, c’est très cool.

Il est vrai que je reste vraiment dans le vieux Marseille, ça me convient parfaitement.

Certaines rue qui pourraient être glauque on été transformées en rue « jardinées »

L’aventure continue, j’ai utilisé l’application BlaBlaCar (sorte d’auto-stop moderne par le net, avec une petite participation aux frais) pour essayer de trouver une place dans une voiture.

Et j’ai trouvé un jeune qui a une veille voiture qui appartenait aux pompiers (ambulance je crois), il part demain matin de Cassis passe par Marseille et va jusqu’à Chalon et il est d’accord de nous prendre jusqu’à Montélimard. Autre spécialité, il ne prend pas l’autoroute. Je me réjouis.

Bon, on va retourner chercher un sympathique resto pour le souper, préparer le bagage et je vous raconte la suite demain.

Petite dernière promenade sur le vieux port au coucher du soleil.

Dernier repas à Marseille, La Poëlle de la Mama, soupe de poissons+moules+pommes de terre+pêche du jour; miam !

En faisant du tourisme, 12 kilomètres

Lundi 11 septembre

Nuit moyenne, mais il faut dire que le camping est juste à côté de l’autoroute, et encore je suis à moitié sourd.

A propos, quand j’ai dit que le camping était miteux, c’était le prénom seulement, mais il avait le mérite d’exister et d’avoir de l’eau chaude.

Dernière nuit sous tente, probablement, je plie tout et en route.

Début difficile, car on marche sur une petite route, mais fraîchement goudronnée, les gens doivent le savoir, il y a beaucoup de circulation.

Soudain, alors que je ne m’y attendais pas du tout :

la mer et la baie de Marseille.

Comme l’année passée, c’est seulement le dernier jour que je peux voir l’objectif principal. Bon, il ne reste plus qu’à marcher.

J’ai de la chance, il y a un GR qui va jusqu’au vieux port de Marseille; il s’appelle : GR 2013 Marseille Provence Métropole.

Et jusqu’à maintenant, c’est assez chouette, on passe par des endroits curieux et sympathiques : des petits escaliers, des vieux ponts sur des petits canaux, des quartiers très différents, et même quelques chemin dans des forêts.

Héra est un peu tendue, car dans certains quartiers, sur les collines, quasis toutes les villas ont un chien qui, bien sûr, nous aboie contre quand on passe et certains ont une sacrée voix.

Elle doit hésiter entre les quartiers villas avec chiens féroces ou les petites routes avec de grosses voitures qui puent.

En tout cas elle est très courageuse et disciplinée.

Je ne sais pas où je suis exactement, mais disons dans la banlieue de Marseille.

En tout cas, avec ce qu’on a déjà fait ce matin on est à 450 kilomètres.

Voilà, on y est, on déjeune dans un petit bistro tout au bord des ports.

Vraiment ce fameux GR est super intéressant, mais je n’ai pas pris de photos, car c’est vraiment trop sale, il y a toujours des déchets et tout est cassé, hormis ça les endroits sont pittoresques mais j’ai pas du tout envie de les photographier.

Par contre voilà mon Hollywood à moi

D’ailleurs, c’est à cet endroit que j’ai vu les premiers goélands.

Il y a même un avion.

On va entamer notre dernier bout, on y est pas encore.

Ce fameux GR est un peu balisé, mais sans une bonne carte on n’y arrive pas. Là j’ai pris la photo depuis une passerelle qui surplombe le train et les voies d’accès aux ports

C’est un jeu de chasse aux balises jaune-rouges, quand on en voit une çà rassure ça veut dire qu’on est sur la bonne voie, parfois faut bien chercher :

Voilà on y est au vieux port; est-ce que, si Héra nage à l’entrée du vieux port, elle peut le boucher ?

Bon, j’ai mis un pied dans la mer; contrat réussi.

J’ai mis un pied car il était déjà sale 😉.

Et voici aussi une preuve pour Héra

J’ai essayé 3 hôtels en y allant directement, les 3 ont refusé : « nous n’acceptons pas les chiens ».

Alors, Ibis Budget, je connais, c’est très bien, ils aiment les chiens et les petit-déjeuners sont canons. En plus, je suis à 4 minutes du vieux port.

Je suis rasé de près, je suis tout propre et je vais manger du poisson ou qqch de la mer.

Il fait un vent à décoiffer Héra (moi, il n’y a rien à décoiffer). Demain, on reste sur place pour visiter le vieux Marseille.

Je mange Indien, Préparation de crudités au yaourt, ensuite filet de poisson cuit avec tomates et en amuse-gueule une galette avec 3 sauces, une sucrée, une salée et une épicée; la dernière j’ai adorée mais elle n’était pas pour les gonzesses.

25 kilomètres, une bonne partie « en ville ».

Dimanche 10 septembre

Lever vers 6:00, petite promenade du matin, douche et, là, je petit-déjeune tout seul dans la grande salle, j’ai tous les mini-croissants pour moi 😉.

Ensuite, finir de fermer le sac et on continue.

Voilà, assis au soleil à Gardanne, dans un petit snack style marocain, je demande au patron un couscous; il n’y a plus de couscous, mais il me fait une super assiette, je lui fais confiance.

Pour sortir de l’agglomération d’Aix, c’était pas génial, mais il y avait au moins un trottoir ou une piste cyclable. Ensuite une petite départementale et hop sur la montagne et de l’autre côté, je me suis dit je vais peut-être voir la mer …

Faudra attendre encore un peu pour voir la mer.

Mais, on s’en est bien tiré avec nos variantes, pas trop de voitures et c’est aussi dimanche.

En fait je zigzague pas mal pour prendre les petites routes, avec ça je m’approche très lentement de mon objectif;

mais, n’est-ce pas le chemin le plus important?

Là, je me désaltère à Cabriès, un joli village perché, fallait être fou pour y grimper en plein soleil.

J’ai fait les choses dans l’ordre, car Cabriès c’est aussi une commune et nous venons de traverser le plus grand village de centres commerciaux, tous ouverts le dimanche, je suis arrivé au milieu de ces centres en suivant un chemin balisé, y sont fous, ils nous a fallu plus qu’une heure pour tout traverser.

Voilà notre calvaire :

Bienvenue sur le site officiel de Plan-de-Campagne, la plus grande zone commerciale à ciel ouvert de France, située sur les communes des Pennes-Mirabeau et de Cabriès, entre Aix-en-Provence et Marseille. Toute l’année et même le dimanche, nos 500 enseignes vous proposent un choix infini pour combler toutes vos envies shopping, maison, loisirs, restaurants.<<<<<
usement quelques kilomètres plus loin il y avait bien le camping que j'avais repéré, il est un peu miteux, mais ça m'arrange car j'étais sûr d'y trouver un emplacement.

Bon, Quelle aventure ! Quand même 36 kilomètres.

Normalement demain on arrive à la mer, mais je n'ai encore aucune idée par où.

Samedi 9 septembre

Mmmmh , une bonne nuit dans un bon lit, ça fait quand même du bien.

Sortie tôt avec Héra dans une ville encore toute endormie, de retour à l’hôtel elle reconnaît déjà le chemin. Pour le moment pas de pluie et même assez chaud.

Petit déjeuner varié et excellent. Une bonne journée qui commence.

Petit aparté pour ma famille :

Aujourd’hui c’est la fête des Siggen (c’est le nom de ma mère), je devrais y être, mais c’est un peu loin quand même. Chers cousines, cousins et famille, je vous souhaite une très joyeuse journée, bises, je pense à vous.

Une toute petite ondée vient de passer, juste de quoi enlever la poussière.

Tout le long des marchés de Provence…

Voilà, avec la sortie de ce matin et les déambulations au marché, nous avons atteint les 400 kilomètres.

Cette fois il y eu une belle averse, ça fait un bien fou, car il y a un manque cruel de pluie.

Attention ! Pour la première fois de sa vie, Héra va chez une toiletteuse pour se refaire une beauté, elle l’a bien méritée.

On peut pas dire qu’elle était très enthousiaste au début, mais au fur et à mesure, elle a pris confiance et en a profité. Elle est sortie toute pimpante.

À renouveler de temps en temps

En la regardant, on ne remarque rien de changé, mais par contre, en touchant son poil, ça fait une grande différence, il est soyeux et très doux; elle était contente mais elle a refusé la gourmandise que la toiletteuse lui a donnée; « quand même, me tripoter comme ça ».

Pour finir, il a plu toute l’après-midi, ce qui ne nous a pas empêché de faire 17 kilomètres en touristes.

Vendredi 8 septembre

Alors, une nuit moyenne, la première partie, je n’arrivais pas à dormir, en fait il y a une fuite à mon matelas, bizarre mais quand on le sait après ça va mieux, on s’adapte.

Ensuite, la température a chuté brusquement, j’ai mis mon super pull (IceBreacker) et la deuxième partie de la nuit c’est très bien passée. Ce matin, 10-11 degrés, hé hé ! Mais pas un nuage et un super soleil.

D’abord, une petite mise en bouche jusqu’au village suivant (St-Cannat) où je suis en train de petit-déjeuner sur une terrasse.

Pour y arriver, on a pris l’ancien chemin, très beau parcours, Héra était toute contente, car ce qui lui manque quand on est au bord d’une route, même petite, c’est la richesse olfactive de la campagne.

En route pour Éguilles, je profite de traverser un bout de massif forestier (zone orange, je peux jusqu’à 12:00), ors, il se trouve que ce massif à brûlé le 16 juillet, 800 hectares ont été détruis par l’incendie.

C’est encore très impressionnant, et l’odeur du brûlé est là comme si c’était il y a quelques jours.

Sur la dernière on voit comme il a fallut protéger les maisons

On voit que les piquets de l’autre côté d’une large route, ont commencé à brûler.

Sur celle-ci on voit que le buisson, bien que seul au milieu d’une clairière, a aussi commencé à brûler.

Mais la vie reprend, et encore, il n’a pas encore eu de pluie.

Et juste à côté, où ça n’a pas brûlé, il y a des colchiques qui poussent.

Je suis à Éguilles et je mange un sandwich géant.

Heureusement, il y a un GR Compostelle qui va de Éguilles à Aix et il ne passe pas en pleine forêt.

Bon, le chemin était sympa, mais c’était vraiment une journée chalumeau, ce matin la traversée de la ruine de forêt et cet après-midi une chaleur et peu d’air, que la moitié du chemin était à l’ombre. J’ai fait pas mal de halte à l’ombre pour donner à boire à Héra et lui laisser le temps de baisser un peu sa température.

Voilà on y est :

Bon, on se sèche un peu, ensuite hôtel, et oui, ce soir nous dormons à l’hôtel, demain il pleut et journée de repos dans une ville, ça sera sympa; nous dormons une deuxième nuit à l’hôtel et départ dimanche, j’espère ainsi avoir moins de circulation.

La vie « sauvage » continue :

Héra

Et Philo

Ce soir c’est fiesta, on a dégotté un petit resto tranquille avec un menu sympathique.

Parce que dans le vieux Aix en Provence le vendredi soir, c’est la Braderie, c’est Ste Catherine, ou c’est simplement vendredi soir sur la terre et je n’ai plus l’habitude.

Dites 33, et oui 33 kilomètres

Jeudi 7 septembre

Alors, nuit moyenne, car ce n’était pas très plat, mais c’était drôle car Héra était tout contre moi, elle avait glissée tout doucement vers moi.

Alors, surprise, où ai-je planté la tente ?

En fait je suis juste à côté d’un de ces espaces escalade dans les arbres, j’aurais pu avoir quelques singes comme voisin.

L’endroit est pas mal, mais ça manque cruellement de douches.

Je replie tout et j’avais repéré un banc pas trop loin; je fais mieux le point si je suis confortablement assis.

Je regarde la carte, je ne fais plus confiance à aucun camping, ça veut dire que je dois téléphoner avant. L’hôtel est une option que je n’ai jamais écartée, conclusion : il faut que j’aille en direction d’une ville moyenne.

Ce qui n’est pas simple avec les campings, c’est qu’ils sont (dans cette région) loin des villages et pour la plupart, à partir de septembre, plus de snack, plus d’épicerie (j’ai contrôlé sur Internet); c’est donc service minimum.

Je veux bien marcher une demi-heure pour trouver un resto, mais pas 1 heure et je vous rappelle que je n’ai pas de popote.

J’ai repéré une petite départementale qui passe à travers les monts (je vous rappelle que l’accès à toutes les forêts est interdit, il y a des affiches partout, à chaque début de sentiers balisés) et qui va à Lambesc (c’est de là que j’écris) et c’est parti pour la D 67; super bon choix, sur 9 kilomètres, on a pas rencontré une voiture, juste quelques cyclistes et une moto.

De plus l’endroit est magnifique et de l’autre côté on change une fois de plus de type de région.

À vue d’œil, je vois même un bout de l’Étang de Berre.

Par contre, je n’ai encore aucune idée comment continuer, mais en prévision, je vais faire quelques commissions : nourriture Héra, 2 kilo de savon, un en-cas, en cas de survie.

Au fait, il y a un ciel bleu magnifique et un petit vent frais et les terrasses sont accueillantes.

Voilà, les commis sont faites et j’attends mon menu du jour à côté d’une fontaine bassin bien habitée.

Ici aussi, il y a une quantité de fontaines et toutes coulent.

Un peu plus loin, il y avait un camping « normal », où on est bien accueilli, où il y a toujours une place pour une petite tente, où et la ça mérite une étoile de plus de l’eau chaude et de l’eau froide aux douches.

Donc, ces deux dernières heures : monter la tente, faire la lessive du siècle, laver le Philo de bas en haut et recommencer une fois, faire un étrillage complet de Héra.

Et maintenant boire une boisson gazeuse et fraîche car le bar est encore ouvert.

Il faut que j’étudie l’affaire, car samedi, il y a risque d’orages depuis 8:00 et ensuite toute la journée. Si je reste un jour de plus dans ce camping, où irais je samedi sous la pluie ?

Mon sac à de la visite

Journée tranquille, 18 kilomètres

Mercredi 6 septembres

Super nuit, et hier soir c’est la première fois que j’ai pu planter toutes mes sardines du premier coup sans qu’elles se tordent ou refusent de s’enfoncer (ne pas oublier d’acheter des sardines en titane-super-solide).

Grande nouvelle, je dois changer tous mes plans, car dans le Var (montagne Ste Victoires et tous les monts avant la mer) toutes les forêts sont en zone noire danger incendie, c’est à dire que l’on a même pas le droit d’y aller (zone rouge = autorisé de 5:00-12:00, ce qui n’est pas très pratique vu qu’il ne fait jour qu’à partir de 7:30).

Alors, ma seule solution, c’est de suivre les cours d’eau et de rester en plaine. Par contre, c’est beaucoup plus compliqué, car c’est ce que fait déjà tous les circuits routiers et autoroutiers, en plus il n’existe pas de chemin balisé, je dois jongler entre les chemins et les toutes petites routes, on va essayer, pour aujourd’hui ça devrait jouer.

Bon, on a mis une heure et demie pour retraverser Pertuis … il y a Héra qui me dit quelque chose … comment ! bien sûr que j’allais leur dire que je me suis arrêté pour profiter de la formule petit-déjeuner : jus d’orange pressé, thé, et 5 minis croissanteries.

Nous sommes à Villelaure, pour y arriver, nous avons suivi un petit chemin le long d’un minuscule canal.

C’était assez campagnard.

J’en ai profité pour déjeuner, c’était très bon :

Il y a un camping dans le coin, comme hier on a fait une très longue étape, on va peut-être s’arrêter, d’ailleurs mes habits on besoin d’une bonne lessive.

De plus, je dois étudier des variantes pour la suite.

Bon, 2 kilomètres pour rien, c’est un camping sans tente, que des bungalow et des caravanes et quelques camping-bus.

On va continuer notre chemin, ça m’ennuie car c’est en plein soleil et c’est pas génial pour Héra, mais je n’ai pas vraiment le choix.

Heureusement, j’ai trouvé un chemin qui est en fait le lit d’une de ces rivières qui se remplissent d’eau très vite lors de forts orage, et presque tout à l’ombre.

Ensuite, des chemins en plaine campagne, zigzaguants entre des champs cultivés et beaucoup de poiriers basses tiges très vieux, il y avait même un ruisseau avec beaucoup d’eau très propre, j’ai même vu un poisson. Par contre, le débit était très rapide.

J’ai déposé mon sac, j’ai pris Héra par le harnais et plouf dans le ruisseau, comme d’habitude elle boit et essaye de nager en même temps; après elle était en pleine forme, elle courait devant, faut dire qu’elle n’avait plus pris de bain depuis longtemps.

C’est vrais on c’est un peu perdu entre ces champs, mais on a vu trois poules faisanes et on a retrouvé la bonne route et surtout, on a traversé la Durance.

Il y avait un vent terrible.

La suite fut moins drôle, 4 kilomètres au bord d’une route, heureusement il y avait une piste cyclable.

Là, je bois mon thé et mon jus de fruit traditionnel plus une glace presque aussi traditionnelle, Héra dort après avoir mangé quelques gourmandises, bu l’eau que le serveur sympa lui à amené et goûté à la chantilly.

Tout ça sur une terrasse à La Roque-D’Anthéron.

Bon, le camping d’ici n’a pas de place pour les tentes. On va aller jusqu’au prochain. Je discute avec le patron du bistro, il m’indique un super chemin pour aller au camping suivant, mais c’est à 7-10 kilomètres. Il me donne 2 bouteilles gratuites de jus de fruits sympa !

En effet, après être sorti de la ville, il y a une route privée qui longe le canal et le camping est aussi au bord du canal.

Alors, on y va, c’est tout plat, un peu monotone mais au bout il y a le camping, il est tard, on assiste à un super coucher de soleil, j’accélère un peu le pas, pour pouvoir monter la tente avant la nuit complète.

On arrive enfin devant le camping, j’ai un mauvais pressentiment, il a été racheté par un grand Truc, des barrières partout, et surtout un immense panneau : interdit au chien !!!!!!

Je m’étais imaginé rester 2 nuits pour se reposer et faire la grande lessive.

J’essaye de voir s’il y a un hôtel dans la petite ville juste à côté, Charleval, rien, j’essaye chambres d’hôtes, j’arrive sur un répondeur. Maintenant, c’est la nuit, nous revenons un peu en arrière et bivouac, je ne sais pas où, car il fait nuit, et je ne tiens pas à attirer trop l’attention en allumant ma frontale. Ça sera la surprise demain matin.

Je monte toute la tente au clair de lune, je donne la pâtée à Héra, je me bois un des jus que j’ai reçu, je n’ai même pas envie de manger qqch (d’où l’importance de manger une glace quand on peut), là je suis un peu fatigué, on avait dit une petite étape et on c’est tapé 33 kilomètres

J’avais choisi l’option montagnes, car j’avais imaginé les problèmes du sud touristique près des villes connues. Je n’ai aucune idée de comment continuer, je commence à en avoir assez, mais faut rien décider avant une bonne nuit.