Épilogue 2

Alors j’écris depuis Grignan, mon « camp de base »; comme déjà dit, j’y suis arrivé dans la nuit du 12 au 13 septembre, vu l’heure d’arrivée, je ne compte pas le 13 comme faisant partie de la ballade.

Les chiffres :

  • 21 jours de ballade.
  • 503 kilomètres parcourus.
  • 1 Héra et 1 Philo au départ, les 2 sont aussi à l’arrivée, mais avec quelques kilos en moins.
  • En moyenne 24 kilomètres par jour, en comptant les jours de repos.
  • Record battu pour la quantité d’eau bue
  • Record égalé seulement, malgré un effort certains vers la fin, du nombre de glaces mangées.

Quelques constatations :

Je suis étonné du nombre de kilomètres, j’avais estimé en faire moins, mais je n’avais pas calculé, ne connaissant bien sûr pas encore l’itinéraire selon mon habitude.

Je savais, par les options prises que cela allait être beaucoup plus technique. En choisissant de passer systématiquement par les montagnes, j’avais augmenté mes capacités en litres d’eau (5 litres), et aussi les réserves de nourriture pour Héra, n’étant pas certain de pouvoir me ravitailler facilement en nourriture pour chien.

Mon sac pesait plus que l’année passée : 17 kilos, mais avec les bâtons de marche en plus cela ne m’a pas posé de problème.

Concernant le matériel, j’ai été totalement satisfait, à aucun moment j’ai eu l’impression que quelque chose me manquait et non plus l’impression d’avoir pris des choses inutiles.

Un seul élément ne m’a pas convenu cette année, c’est le petit panneau solaire rechargeant ma batterie de réserve. Je trouve le rapport poids – rendement pas assez bon. Je dois trouver un panneau beaucoup plus performant sans augmenter son poids, mais ça sera pour l’année prochaine.

Héra :

Avant tout, je me répète peut-être, je trouve ma chienne Héra incroyable, encore cette année elle m’a épaté.

Le chemin était beaucoup plus difficile : les cailloux du Ventoux, les maquis, les pentes, les chemins parfois étroits bordés d’épineux, sans oubliez le Ravin de Véroncle, dans mon récit je parle des deux passages les plus délicats, mais une bonne partie du chemin était extrêmement pentu et difficile, je suis encore étonné comme elle s’est débrouillée, je me demandais comment elle allait faire et en même temps elle me dépassait et m’attendait plus haut.

Ensuite, beaucoup de routes, ce qui demande une grande discipline et on a eu autant de soleil et de chaleur (même si les nuits étaient plus fraîches) que l’année passée. J’ai l’impression que nous avons mieux gérer les chaleurs, plus de pauses à l’ombre, plus d’arrêts pour se désaltérer, on choisissait systématiquement le côté ombré de la route, même si, pour cela, on traversait souvent la route.

Et, chaque matin, son très visible enthousiasme à repartir, malgré sa petite blessure, c’était incroyable.

Notre complicité, et oui, pas besoin de mots, on se comprenait en se regardant.

Ce qui me plait le plus, c’est qu’elle continue à me surprendre et à me faire rire, malgré sa discipline, elle est restée espiègle, l’autre soir, au resto avec Thomas, elle était sous la table, je ne l’avais pas attachée, tout à coup plus de chienne, elle s’était rapprochée dangereusement de la cuisine attirée par les bonnes odeurs, un rappel à suffit bien sûr, mais ça ne l’empêchera pas d’essayer une autre fois.

Faut être honnête, il y a une chose où elle est nulle, c’est pour éviter de s’empêtrer avec sa longe quand on est au bistrot, systématiquement elle passe sous les chaises et reviens par un autre côté et très vite elle est bloquée et attend que je l’aide en essayant de rester le plus digne possible, je l’adore.

Cette petite chienne rigolote est capable de faire des choses incroyables, elle a un physique à toute épreuve, elle est étonnante, c’est un exemple pour moi et je lui dit : merci.

Quelques pensées :

Je suis parti très confiant, j’avais testé et le matériel et moi-même et bien sûr aussi Héra, je savais que ça fonctionnait; c’est toujours plus facile la deuxième fois.L’objectif était de partir de Grignan et d’aller jusqu’à la mer, j’avais choisi de passer par les montagnes car je crains moins les montagnes que les endroits civilisés. Ça doit être dans mes gènes, je suis un montagnard, endurant mais un peu sauvage.De la montagne, j’en ai eu, c’était sublime, grandiose, j’ai adoré.Je me réjouissais de la prochaine étape : la Montagne Ste-Victoire.Et là : Patatras ! C’est sans appel, tous les massifs de la région sont fermés totalement vu le risque d’incendie. Moi, le montagnard, je dois trouver mon chemin dans la plaine et pire dans une régions très habitée et avec beaucoup de routes.L’idée de m’arrêter là m’est passée très rapidement par la tête, mais justement, à propos de tête, je suis têtu et persévérant.Donc, chaque jour je me suis appliqué à trouver le chemin le moins désagréable pour nous les piétons, Héra aussi a dû se discipliner et trouver comment se positionner. Et bien, ça m’a plus, c’était comme un jeu de cache-cache, et j’ai découvert des endroits supers, et l’apothéose, grâce au GR 2013, c’était le dernier jour, la traversée de Marseille par des chemins bizarres, étonnant, géniaux et pourtant très urbains.Vraiment le cheminement m’a plus impressionné que d’être arrivé à la mer. Bon j’étais content, et le vieux port de Marseille et ses vieux quartier, je les ai beaucoup aimés.C’est une super leçon, on prévoit des choses dans la vie, on choisi des directions, on a des préférences et puis on est obligé soudain de faire un virage de 90 degrés. Qu’à cela ne tienne, faut continuer, faut pas changer d’objectif, mais trouver une autre voie pour l’atteindre et surtout y prendre du plaisir.J’en ai vraiment eu du plaisir, jamais je ne me suis senti aussi vivant dans l’instant présent. Pourtant, j’ai aussi eu beaucoup de pensées pour ma femmes, mes enfants, ma mère, ma famille et mes amis, mes proches.C’est peut-être bateau ce que je dis, ça tombe bien j’étais dans un port.Alors merci à vous tous, et n’oubliez pas de Vivre avec un V majuscule.À bientôt

4 commentaires sur « Épilogue 2 »

  1. Quelle belle histoire ; « L’homme qui marchait avec sa chienne ». Je pense que ça se vendrait bien en librairie ! Ç’a vraiment été une belle promenade (assise dans mon fauteuil ou sur ma chaise devant l’ordinateur, pas trop fatiguée !!) et ça va me manquer. Mais même les plus belles histoires ont un fin. J’en suis à 112 pages, que j’attends encore un peu pour imprimer, vu que quelques textes ont changé. Bises.

  2. Avec du recul vous vous êtes encore surpassés et réalisé encore plus que votre exploit de l’année passée et sans accidents !
    Bravo pour votre solide équipée et p’tre d’autres aventures en Italie par exemple ?
    Bises et caresses et bon retour au bercail.
    On va enfin se revoir en Suisse.

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