Demain je vais me déhancher !

J’ai rendez-vous à 7:15 au Centre Hospitalier Bugey Sud à Belley.

Je dois m’installer en salle d’attente au premier étage sur la gauche; c’est la chirurgie orthopédique, pour une intervention : Prothèse totale hanche droite.

C’est le docteur Belkacem qui va m’opérer.

Bon, ce n’est pas tombé du ciel, ça fait un moment que je boites à droite (je m’étais déjà fait opérer du ménisque il y 9 ans), alors je pensais que c’était à nouveau le genou et en décembre suite à un contrôle annuel, je vais faire une radio genou et hanche, il y a de l’arthrose.

Je prends rendez-vous avec le Dr Belkacem à Belley, je repasse par la case imagerie et sans hésitation, il me dit qu’il faut directement opérer car c’est trop tard pour faire des infiltrations. Il ne fait pas que me dire, il prend le temps de m’expliquer le problème en me montrant les images.

C’était mi-mai, il me propose une date déjà en juin, mais en juin , ma mère est là tout le mois et en juillet il y a Amandine et ses 3 gosses qui viennent en vacances, d’où le choix du mardi 5 août.

Mardi matin

Je me réveille à 5:24, j’avais mis l’alarme à 5:25.

D’abord une bonne douche , finir et contrôler mon paquetage, dire au revoir à Héra, lui donner comme consigne : « tu dois garder la maison »; elle comprend très bien la consigne, elle s’installe sur son nid au salon et ne s’occupe plus de nous, elle sait qu’elle va rester seule un moment.
Le ciel est magnifique, c’est Marianne qui me conduit à Belley, nous arrivons un peu avant 7:00 et le rendez-vous est à 7:15.

Nous montons au premier étage et là c’est la surprise, il y a au moins 8 personnes avec leurs sacs d’affaires personnelles et , comme moi, une paire de béquilles.

Nous sommes appelés les uns après les autres, une infirmière souriante m’accompagne jusqu’à ma chambre no 118, Marianne vient avec moi, elle nous présente la chambre et me donne un fond de gobelet pour me rincer la bouche et me fait l’inventaire des différentes télécommandes : il y en a une pour appeler une infirmière et pour éteindre et allumer les éclairages et également pour monter et descendre les stores, l’autre est pour pouvoir mettre le lit dans toutes sortes de positions.

Elle me montre aussi la douche-wc-lavabo, très spacieuse et pratique.

Vous aurez compris, je suis dans une chambre individuelle et l’hôpital de Belley est assez neuf (ouverture 2020).

Je range mes affaires dans l’armoire, je mets l’uniforme du futur opéré et je m’installe sur mon lit.

Je discute un peu avec Marianne, puis elle retourne à la maison pour s’occuper du troupeau et pour arroser le potager.

Inquiétude, peur

Plusieurs personnes m’ont demandé si la future opération m’inquiétait, si j’avais des appréhensions ?

Ben non ! Vraiment aucune inquiétude, mais je ne suis pas naïf, à chaque opération et surtout à chaque anesthésie il y a des risques, d’ailleurs on vous demande assez vite de signer une décharge, sur laquelle il est bien écrit qu’il y a un risque de mourir, j’en ai déjà signé quelques unes, pas vous ?

Si on savait écrire à la naissance, c’est la première chose qu’on nous donnerait à signer, c’est évident, moi j’ai signé très vite (voir le chapitre : N’ayant pas peur de la mort

Dans cet hôpital, ils ont une démarche très intelligente, lorsqu’une opération est programmée, ils distribuent quelques papiers et spécialement un qui nous encourage à nous préparer avant l’opération; exemples : arrêter le tabac et toutes substances nuisibles, si possible se préparer aussi physiquement, l’objectif est d’arriver au jour de l’opération avec le maximum d’atouts, dans la meilleure forme possible.

Pour moi c’est très logique, ça fait partie de ma vie depuis très longtemps; par ma façon de vivre, de manger, de gérer mon sommeil, j’essaye d’être toujours en forme.

Pour cette opération, je me suis fixé comme objectif de peser autour de 70 kg, ce matin j’avais 70,3 kg. J’ai fait attention de bien me reposer et aussi, malgré la gêne et parfois la douleur de continuer de marcher tous les jours. Alors pourquoi devrais-je avoir peur ? De mon côté, j’ai fait le boulot, au moment où j’écris, je suis en pleine forme. Est-ce que cela veut dire que je ne risque rien, pas du tout, mais la suite ne dépend absolument pas de moi, à ce stade, c’est au chirurgien et à l’anesthésiste d’avoir la “peur”. Moi, je leurs fais confiance totalement.

Pourquoi se stresser pour les choses auxquelles nous n’avons aucune influence ou responsabilité ? Ça ne sert à rien .

Le moment de l’opération

Voilà,c’est parti, les heures ne sont pas très précises, vers 10:45 deux infirmières viennent me préparer pour m’emmener en salle d’opération, elles me disent que j’étais en dernier sur la liste mais que je vais passer en premier suite à quelques imprévus, alors ça va aller assez vite.

L’habillement officiel est complèté avec des chaussons et une charlotte sur la tête, je peux, pour le moment garder mes prothèses auditives, tant mieux car on me demande plusieurs fois mon nom et ma date de naissance; ce qui est malin, les infirmières me demandent quelle hanche doit être opérée et je dois à l’aide du feutre faire moi-même une croix sur la hanche droite.

J’ai réussi après l’opération à photographier la fameuse croix :

Elles me véhiculent à la salle de contrôle et de préparation et deux autres infirmières me prennent en charge; je ne sais pas si c’est la charlotte, mais j’ai un succè fou aujourd’hui, elles aussi veulent connaître mon nom et ma date de naissance, certaines ont même essayé d’obtenir mon 06, mais ça n’a pas fonctionné (faut savoir que j’ai de la difficulté à m’en souvenir).

Là c’est du sérieux, on me prépare un beau cathéter (réussi du premier coup), on me barde de trucs qui mesurent mes constantes (c’est toujours sympa d’apprendre qu’on en a); ha! J’oubliais, avant qu’on me pose tout ça, j’ai enlevé mes prothèses auditives et bien sûr, c’est juste après que l’anesthésiste et son aide sont venus me poser aussi quelques questions, les pauvres, ils ont eu probablement des réponses possiblement étranges, mais ça ne les a pas trop perturbés, heureusement.

Je précise, j’ai eu une anesthésie générale, pour moi, tout c’est fait par le cathéter, je ne me souviens ni d’une piqûre, ni d’un masque, je me suis étrangement senti m’endormir et partir dans une sorte de toboggan en même temps les personnes, les lumières, les voix ont disparu.

C’était à la fois presque comme un ralentit et en même temps dans le toboggan ça allait de plus en plus vite, je me suis laissé aller pour profiter de ce moment étrange et totalement nouveau pour moi.

De l’opération, je n’ai aucun souvenir, comme je n’ai pas encore vu le chirurgien, je ne peux rien en dire .

Le réveil était très sympa, bizarrement, pour moi qui suis à moitié sourd, il me semble que ce sont en premier des voix humaines que j’ai commencé à percevoir; là, mais ce fut très furtif, j’ai le sentiment qu’un masque respiratoire était posé sur ma bouche et mon nez, puis petit à petit, le contour des formes, le plafond, les lumières, les infirmières autour de moi sont devenus de plus en plus nettes.

J’étais déjà dans la salle de réveil et très vite tout c’est mis en place, la vue, l’ouïe, la conscience et comme ça devait se voir que je m’éveillais, des infirmières m’ont posé des questions (je vous rassure tout de suite, je n’ai pas changé de nom, ni d’année de naissance), mes réponses ont tout de suite été cohérentes et je savais aussi que dans ma tête tout était à nouveau en place.

Un grand bravo aux anesthésistes et aux infirmières, l’avant et l’après opération restera un très bon souvenir.

Me voilà de retour dans la chambre 118, à 14:20 j’envoie un message à Marianne pour la rassurer et on échange quelques messages.

J’ai quand même un peu mal, une infirmière m’apporte un verre d’eau et un pichet pour me resservir, elle m’installe une grande poche de glace pour un peu soulager mes douleurs. Pas de perfusion ni de médicaments, je pense que mon sang en contient encore.

Un peu plus tard, l’infirmière me l’avait annoncé, je reçois un petit pot de glace vanille-chocolat et viennent juste après un yogourt nature et un petit pot de compote aux pommes, c’est royal.

Je dis à l’infirmière que je lui mettrai une étoile de plus si elle pouvait m’amener un thé chaud, 5 mn plus tard il était là; c’est ainsi que l’hôpital du Bugey Sud est devenu un hôpital très étoilé.

Le repas et la soirée

Après cet en-cas fort bien venu, je me suis un peu reposé, j’ai regardé quelques vidéos (sur mon iPad) mais je me suis surtout reposé sans m’endormir, j’ai même fermé les stores.

Puis arrive l’heure d’un vrais repas, le seul du jour, car ce matin j’étais bien sûr à jeun.

Le plateau arrive, je suis en mode : je mange tout et je ne suis pas délicat.

Bon, c’est facile , comme dirait Marianne et elle a tout à fait raison, quand on a aucune allergie, le monde est injuste.

En tout cas la théorie est prometteuse :

Mais la pratique paraît à la hauteur, surtout en ce qui concerne la couleur (me souffle Marianne), elle a encore raison mais c’était franchement bon.

Je maintien les étoiles attribuées.

L’infirmière vient de passer, elle m’amène les petites pastilles, un anticoagulant et un antidouleur.

Me voilà prêt pour la nuit, je vais mettre à jour le blog, bonne nuit, à demain.

Première nuit,

Je savais qu’elle serait très hachée, car normalement, je m’endors très rapidement et je fais des tranches de sommeil profond. Par contre je dors presque toujours sur les côtés et en plus je bouge beaucoup (dixit Marianne).

Mais là, interdiction de se mettre sur le côté et aussi de trop bouger; j’ai encore un drain et le premier mois et encore plus les premiers jours, il faut faire très attention à ne pas provoquer une luxation de la hanche artificielle, il y a beaucoup de positions « interdites ».

Je peux aussi rajouter à cette liste la douleur, elle n’est pas très forte mais toujours permanente, heureusement la grande poche de glace aide beaucoup.

Juste avant que je m’endorme, j’ai droit à un antibiotique par le cathéter. L’infirmière viendra l’enlever plus tard, mais je dormais à moitié.

Donc, un sommeil léger et très discontinu. J’en ai profité pour lire la documentation concernant la rééducation spécifique à la prothèse totale de la hanche. La pratique ça sera pour bientôt.

Mercredi

Je me suis réveillé vers 5:00, je me suis mis en position assise et j’ai lu la BD de Keramidas qui raconte ses opérations à cœur ouvert, je reste dans le thème.

Ensuite ré antibiotique et toujours les contrôles pression etc. Le petit déjeuner arrive, j’ai choisi, oui on a le choix, chocolat au lait chaud, pain, confiture et beurre,ça m’a bien revigoré.

Ensuite le chirurgien est passé, ce fut simple cours et efficace, je sais maintenant que je suis un peu plus lourd et que j’ai eu droit à un alliage un peu plus performant car je suis encore jeune pour cette opération.

L’infirmière vient m’amener le cocktail du jour: anti- inflammatoire et le médicament qui va bien avec pour protéger l’estomac de l’attaque de l’anti-inflammatoire et un antidouleur.

Première séance avec le kiné: je marche !

D’abord il m’explique tous les exercices que je dois faire si possible 3 fois par jour et ensuite je fais les exercices et il me corrige les détails; il y a des exercices que je fais au lit, des exercices à faire assis et aussi des exercices à faire debout mais avec un point d’appui.

Ensuite il m’apprend et j’exerce les déplacements réels, simplement sortir du lit, je dois me tourner en bougeant les 2 jambes ensemble, mettre des chaussures (ou sandales mais fermée, éviter les tongs et autres chaussures ouvertes et sans tenue), la suite se fait avec un cadre de marche (déambulateur sans roulettes), plus tard les béquilles suffiront.

Le principe est toujours le même, avancer d’abord le cadre de marche et ensuite d’abord la jambe opérée et la deuxième qui suit.

Et pour mettre en pratique la marche on va marcher dans les couloirs; c’est un vrai pro, il a pensé à boutonner ma chemise d’hôpital qui laissait une belle vue sur mes fesses, je dois aller m’entraîner à la marche plusieurs fois par jour, mais pas des distances trop longues tout en augmentant petit à petit les mètres parcourus.

Ensuite retour à la chambre, en route il est arrêté par un autre patient dans la chambre à côté et je rentre tout seul dans ma chambre, je vais dans la salle de bain et je me savonne ce qui n’a pas été fait ce matin par les infirmières, je me lave les dents et je me peigne.

Toujours pas de kiné, je retourne seul au lit et je me couche. Quand il revient je suis déjà au lit, il me dit que j’avais l’air de me débrouiller pas mal.

Je me repose un moment, je n’ai presque rien fait et je suis crevé, c’est normal après une opération si importante.

Arrive le dîner (pour les français le déjeuner), aujourd’hui : taboulé, bœuf lyonnais, duo de courgettes provençales, yogourt nature et biscuit bavarois, c’était très bon et bon chaud aussi. J’ai presque oublié de dire que le matin ils viennent me demander mes choix de repas du jour, car il y a tous les jours un choix et à midi et pour le soir, comme il y a aussi un choix (plus restreint) pour le matin.

À la fin de mon repas, il y a une personne du service social qui est passée à l’étage, elle a discuté avec les infirmières pour savoir quand je sortirai (probablement ce vendredi) et les besoins pour les soins à domicile et elle est venue aussi me trouver pour confirmer qu’une infirmière passera tous les matins pour la piqûre d’anticoagulant et contrôler le pansement et le changer de temps en temps; elle m’a aussi confirmé le rendez-vous avec le kinésithérapeute qui assurera la suite de ma rééducation.

Cette prise en charge postopératoire à domicile est une collaboration avec l’hôpital, c’est vraiment agréable d’avoir une telle continuité qui implique une collaboration avec les infirmières de l’hôpital et ça va dans les détails, avez-vous des escaliers à monter, comment est équipée votre salle de bain, êtes vous seul, etc.

Tout fonctionne très bien, juste après, l’infirmière passe pour me changer le pansement, aïe, j’ai eu droit à une épilation gratuite et re AÏE, mais cette fois en majuscule, car elle m’a aussi enlevé le drain; j’ai appris que j’ai 15 points de suture.

C’est une bonne chose, ça sera plus facile pour les exercices et la toilette sans devoir trimbaler le tuyau et la bouteille.

Après-midi mots-croisés, faut continuer d’entretenir aussi le cerveau.

Je me suis levé tout seul et j’ai été aux toilettes, je peux vous dire une chose faut pas que ça soit pressant. Il ne faut pas que je me réjouisse trop vite, un petit aller-retour et se recoucher, ça m’a brûlé toutes mes forces, j’étais fatigué comme si j’avais marché toute l’après-midi; mais j’étais aussi épuisé mentalement, car je dois faire très attention, le risque de luxation est omniprésent, il faut que tout se reconstruise: muscles, ligaments, il faut que les chaires se cicatrisent.

Ça va prendre du temps et des exercices quotidiens, mais ça en vaut le coup.

Le souper était trop copieux, je ne veux pas manger 2 repas chauds chaque jour. Je n’ai pas manger l’assiette de risotto à l’émincé de volaille, pourtant ça avait l’air délicieux. Mais c’est encore trop, je n’arrive pas à bruler autant de calories en étant les 3/4 de la journée couché, malgré les exercices.

La nuit fut chaotique, le soir je n’ai pas réussi à m’endormir, j’étais nerveux, je pense que c’est l’effet des médicaments, les 2 premiers jours il y en a beaucoup, et je n’en prends quasiment jamais.

La deuxième partie de la nuit ça allait mieux et le matin, j’étais très calme et j’ai pu me reposer et prendre des forces.

Anecdote : en plusieurs fois, j’ai presque rempli l’urinaire, le matin j’ai envoyé un message à Marianne pour qu’elle en achète un, ainsi que deux grandes poches à glace, après les exercices c’est ce qui fonctionne le mieux.

Car, pour le moment passer du lit aux toilettes, il me faut 10 minutes.

Jeudi

Vers 5:00 les infirmières viennent me faire une prise de sang, car ma sortie vendredi dépend de l’analyse de mon sang.

Vers 8:00 on m’apporte le déjeuner, toujours avec un choix et toujours excellent. Je m’installe et je fais mes tartines, à peine commencé, le chirurgien vient me trouver, il me demande comment ça va, et m’annonce que l’analyse du sang est sans problème, donc je vais sortir demain.

Demain, Marianne a rendez-vous chez la pneumologue à Bourgoin à 14:30, je demande au chirurgien si je peux partir en fin de matinée, il me dit qu’il n’y a pas de problème, les papiers sont faits et il va demander aux infirmières de me changer le pansement le matin.

Je continue de manger, l’infirmière vient pour m’enlever le cathéter, mais voyant que je suis en plein repas, elle me dit qu’elle reviendra plus tard (au moment où j’écris, 11:00,j’ai toujours le cathéter).

Je reprends mon repas et les infirmières « laveuses » désirent faire leur travail, mais elles viendront plus tard (oui, je suis tout propre).

Le repas juste fini, ce sont les « nettoyeuses » qui arrivent avec leur brosse et leur serpillière.

Petit moment de calme et c’est au tour du kiné de venir m’entraîner et me donner les exercices pour la semaine prochaine, car, à cause des vacances, il n’y pas de rdv kiné avant la mi-août.

En ce qui concerne la pratique, aujourd’hui c’était surtout le maniement des béquilles.

J’ai oublié de dire qu’après le travail des laveuses (jambes, pieds et dos) c’est moi-même qui décrasse tout ce qui reste; c’est un sacré travail quand on ne peut pas mouiller le pansement et qu’on est très limité en mouvement, mais il faut apprendre, faire très attention aux mouvements, prendre son temps, beaucoup de temps et on ressort propre, comme c’était juste avant le kiné, et qu’on allait se déambuler dans les couloirs, j’ai décidé de me mettre en short et t-shirt.

C’est une sacrée affaire, comment enfiler un slip, quand on arrive pas à toucher ses pieds et qu’on a peur de luxer la prothèse, ben on se débrouille, on prépare bien le slip et le short par terre, en s’aidant de l’autre pied, on enfile tout ça, ça m’a vanné. Heureusement le kiné n’est pas arrivé tout de suite.

11:30 on m’amène le plateau repas : salade panachée, rôti de veau au jus, gratin dauphinois, fromage frais faisselle et fruits cuits. Génial !

Après le repas, l’infirmière m’a fait la piqûre dans la cuisse, normalement ils la font le soir, mais l’infirmière à domicile a dit qu’elle passera plutôt le matin vers 10:00, alors ils changent l’heure, aujourd’hui 13:00 et demain matin avant que je parte.

Cette anecdote est importante, ça prouve qu’il y a une vraie collaboration entre les infirmières de l’hôpital et celles à domicile.

Au moment où j’écris ce paragraphe, le chirurgien vient faire un dernier point et aussi me dire au revoir (on se revoit dans deux mois), j’en ai profité pour le féliciter et dire mon admiration pour toute la prise en charge et spécialement pour leur système de collaboration avec le Prado (Programme de Retour À DOmicile).

La prothèse totale de la hanche

Pour bien se rendre compte de ce qu’est une prothèse totale de la hanche, j’ai trouvé une illustration pas trop choquante :

C’est quand même incroyable de pouvoir remplacer par un mécanisme une des plus grandes articulations du corps humain.

Et ce que je trouve encore plus dingue, c’est de réussir à faire travailler les muscles, les tendons tout de suite avec la prothèse. Je me sens chanceux d’avoir pu profiter de cette technologie et de ce savoir-faire , merci.

Dernier repas hormis le petit déjeuner de demain, parfait : potage de légumes, brie avec un morceau de pain et une vraie nectarine délicieuse, donc un repas sans plat principal et c’est exactement ce que j’avais demandé.

En résumé, je n’ai aucune critique négative: un personnel attentif aux petits soins, les messages passent d’une équipe à l’autre, le chirurgien est venu chaque jour et a répondu à toutes mes questions, il était très simple.

La nourriture excellente pour un hôpital avec des choix et une adaptation immédiate.

C’est moi qui ai choisi l’hôpital de Belley, pas du tout sur recommandation; mon critère principal : la route pour y aller est superbe, c’est une route touristique et l’hôpital est un des plus proches.

J’ai regardé sur internet et j’ai vu qu’il y avait plusieurs chirurgiens orthopédistes, j’ai appelé pour prendre rendez-vous et voilà. Je n’ai absolument pas fait une enquête pour savoir si c’était un bon chirurgien, après le rendez-vous, j’avais totalement confiance.

Quand j’ai eu la confirmation de la date de l’intervention, j’en ai parlé à Eric mon kinésithérapeute et il m’a dit que c’était un très bon chirurgien.

Et pour trouver un kiné, c’était aussi très cool, car c’est une denrée rare parfois avec des mois d’attente. Il se trouve qu’on a été avec Marianne à une soirée sur le conseil de notre ami Gilles (jardinier comme moi) et sa femme Babette, sur place il y avait déjà un autre couple (des connaissances de Gilles) et lui était kiné.

La soirée c’était en hiver, en début d’année, j’ai commencé les démarches pour m’occuper de mon arthrose, ma généraliste m’a fait une ordonnance pour des séances de kinésithérapie; je suis au jardin de Gilles, je lui demande s’il peut me donner le numéro du kiné, il prend son téléphone, appelle directement Eric et 5 mn après j’avais mes rendez-vous . J’ose à peine raconter cette histoire, car il y a tellement de personnes qui sont en galère pour trouver un rendez-vous chez un kiné, que mon aventure est presque indécente.

Bon, je ne suis pas étonné, car je suis un vrai chanceux. Toutes ses rencontres m’ont permis de rapidement me faire opérer dans les meilleures conditions. Je n’ai pas beaucoup d’amis, mais ils sont géniaux.

vendredi je rentre vers 11:00

La nuit était moyenne comme les autres, à un moment donné, j’ai beaucoup transpiré, l’infirmière m’a dit que la personne dans la chambre à côté lui a dit la même chose, ça vient de la chaleur de hier et peut-être de l’orientation des fenêtres.

Dernier déjeuner : comme d’habitude mais cette fois avec un bon thé.

Toilettes par les « laveuses” et j’enchaîne par un bon lavage, même les cheveux, mais tout à la lavette.

Ensuite, je m’habille, c’est encore très rock and roll.

Je décide de ne plus aller au lit, mais sur le super fauteuil, je range aussi tout mon matériel (chargeur, câbles, etc.).

Je rassemble tout vers l’armoire, je règle le fauteuil au mieux, je dois m’aider de la béquille pour mettre le frein.

Dernière visite du chirurgien, mais c’est son remplaçant, tout aussi efficace et attentif.

Dernière séance avec le kiné de l’hôpital, répétition de tous les exercices et monter et descendre les escaliers.

À partir de maintenant, je suis responsable de la progression de mon état, même si dans 10 jours je retourne chez Eric mon kiné, je dois me discipliner et faire tous les jours des exercices ; attention de ne pas vouloir aller trop vite, garder en tête la logique des mouvements interdits.

Je suis prêt.

L’infirmière m’a changé le pansement, elle a dit que c’était très propre et ça se cicatrisait bien.

11:00 Marianne est là, on reçoit plein d’ordonnances, car c’est nous qui achetons les médicaments, et en plus tout le matériel de pansement et désinfection, aussi les seringues individuelles pour l’anticoagulant.

L’infirmière à domicile va venir tout les matins me faire une injection (cool, lors de mon opération du ménisque, c’est moi-même qui me faisait les injections, à la longue, c’est pas si facile), ensuite, au début, changer le pansement tous les deux jours au début et ensuite ça sera plus espacé.

Avant de quitter l’hôpital, on passe par l’étape comptabilité, comme le chirurgien est un chirurgien libéral, on doit avancer les dépassements : environ 1300.-€ (4 jours et 3 nuits + l’opération; je ne sais pas quel est le prix total réel de l’intervention en entier) ; mais on envoie la facture à la caisse et ensuite on sera remboursé (totalement ou en partie), comme on a une mutuelle, elle prend en charge la chambre individuelle et d’autres frais.

Je n’ai pas le détail de la facture, je ne sais pas si je vais le recevoir.

Je vais garder un excellent souvenir de l’intervention et du personnel quelque soit le métier.

Nous sommes à peine installés dans la voiture (petit détail, comme c’est un hôpital moyen, il y a des places juste devant les portes principales pour déposer ou amener quelqu’un. de plus, tout le parking est gratuit, il n’y a aucune barrière), je reçois un téléphone du service social qui s’occupe d’organiser le retour à domicile (le PRADO, pas seulement les infirmières, mais aussi le kiné).

Après le téléphone, je reçois un sms avec l’heure de passage de l’infirmière demain matin et le premier rdv avec le kiné.

Donc tu sors de l’hôpital, tu peux être un peu stressé; tout est organisé quand tu arrives chez toi.

Je pense que ce genre de service existe théoriquement partout, mais là ça fonctionne à merveille, on sent qu’il y a de la bonne volonté de tous les côtés.

C’est chouette de rentrer chez soi, Héra (après avoir mangé son repas de midi) me fait la fête.

Je m’installe dehors, il fait chaud mais ça reste agréable.

J’ai la banane

Première nuit dans la chambre des mamies (chambre PMR : Personne à Mobilité Réduite)

Dès le début, en planifiant les travaux à faire dans la maison, une des pièces qui a une porte donnant directement sur l’extérieur, on avait prévu d’en faire une chambre avec salle de bain pour accueillir nos mères respectives, on a commencé à appeler cette pièce la chambre des Mamies.

En avril 2023, les travaux ont commencé, bien sûr il fallait d’abord tout démolir : plafond et parois. Notre maison est en pisé (terre banchée), il fallait enlever le vieux crépi en ciment jusqu’à retrouver la terre du mur; car ce vieux ciment empêche le mur de respirer (il y avait d’ailleurs un problème d’humidité dans le coin).

Sacré boulot, mille mercis encore à Patrick, on en a bouffée de la poussière et ce brave mur en pisé nous montrait ses rides dues à son âge respectable, mais il était encore très solide et vaillant; au boulot!

Pour reconstruire, on a fait appel aux artisans de la région et tout c’est très bien passé, il fallait juste se mettre d’accord : des matériaux le plus écologiques possible mais absolument respirants (perspirants) pour permettre les échanges garantissant un mur sain.

Pour la partie salle de bain, nous avons choisi du bon matériel aux normes PMR : une douche à l’italienne sans rebord (permettant d’y aller avec un fauteuil roulant, d’ailleurs dès l’entrée tout est à niveau).

J’ai moi-même réussi à trouver les références d’une barre de douche qui fait en même temps rampes, et le lavabo est assez plat, les écoulements sont à l’arrière ce qui permet de l’utiliser avec une chaise roulante et les WC sont un peu différent aussi pour permettre plus facilement le transbordement.

C’est évident, comme c’est un peu spécialisés, tout est plus cher, mais je ne regrette absolument pas nos choix.

C’est ma mère qui la première a inauguré la nouvelle chambre, elle a actuellement 95 ans; elle vient pour un mois en « vacances » chez nous 2 à 3 fois par année. Malgré une résistance aux changements assez classique, maintenant, pour rien au monde elle voudrait changer de chambre.

Je n’avais jamais dormi dans cette chambre, donc je me réjouissais beaucoup de l’utiliser et encore plus en étant en rééducation avec des béquilles et donc pas mal de limites dans mes mouvements. J’ai le droit de m’appuyer sur la jambe opérée, mais doucement et je dois faire très attention d’éviter les torsions et ma jambe doit toujours être dans un axe le plus vertical possible, en tout cas au début.

Alors ma première nuit ? C’était génial, j’ai très bien dormi, l’accès au lit est parfait car il est un peu plus haut; le matelas est très confortable.

Mais, le top du top c’est la salle de bain, c’est vraiment super pratique, tout est à la bonne hauteur, le carrelage n’est pas glissant, il y a une très bonne lumière, on a complété l’équipement avec un siège de douche mobile et ajustable, ça permet de se laver en étant assis et stable (pour le moment je dois éviter de mouiller le pansement), ça fonctionne très bien sans gros efforts. Le bac fait 90 cm sur 120 cm et il n’y a pas de rebord, c’est parfait; c’est prévu, nous allons encore ajouter une petite rampe à coté des toilettes.

Quelle chance de pouvoir tester tous nos « choix coûteux » en étant handicapé et ainsi pouvoir les valider l’un après l’autre. Vraiment aucun regret, je me réjouis de la prochaine nuit.

Publié par philob

Je suis né en janvier 1957 et je suis préretraité depuis juillet 2016; je me suis marié l’année de mes 50 ans (deuxième mariage), j'ai trois enfants de mon premier mariage et je suis 5 fois grand-père. J'ai une petite chienne, Héra, depuis décembre 2013 (elle avait 6 mois) et elle m’accompagne dans toutes mes « promenades ».

6 commentaires sur « Demain je vais me déhancher ! »

  1. Hello,

    Ton réveil pour ce 2e jour est OK ? Les infirmiers/ères sont toujours attentionné(e)s ?

    Amitiés,
    Liesbeth

  2. cher Philo,

    de tout coeur avec toi pour ton opération et pour la rééducation.

    tout de bon et tiens bon.

    biz et courage.

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